"American Utopia"

À 65 ans, David Byrne reste l'une des figures les plus respectées du rock. Non seulement par l'importance que les Talking Heads ont pu avoir sur la scène musicale rock des années 80, au point d'influencer encore et toujours aujourd'hui une myriade de formations. Mais aussi pour son parcours solo, peut-être ...

À 65 ans, David Byrne reste l'une des figures les plus respectées du rock. Non seulement par l'importance que les Talking Heads ont pu avoir sur la scène musicale rock des années 80, au point d'influencer encore et toujours aujourd'hui une myriade de formations. Mais aussi pour son parcours solo, peut-être pas irréprochable, mais toujours marqué par la volonté d'avancer plutôt que bégayer. Avec American Utopia, son premier album sous son seul nom en quatorze ans, la rupture est à nouveau assez radicale. Mais pas tant du point de vue musical cette fois. En effet, Byrne ne réinvente pas ici la roue. Il la fait tourner autrement. Ou plutôt, il la regarde tourner autrement. Face à un monde qui donne l'impression de se rapprocher de plus en plus du précipice, il a décidé d'abandonner son détachement ironique habituel. à la place, il préfère envisager le verre à moitié plein, en relevant toutes les raisons d'encore y croire. Bien sûr, on ne se refait pas complètement. S'il ose un Everyday Is A Miracle qui reste dans les clous, le piano d' I Dance Like This se voit fracassé de beats bruitistes, tandis que This Is That, réalisé avec le producteur expérimental Oneohtrix Point Never, marche volontiers de travers. Bourré de bonnes intentions, American Utopia paraît cependant souvent un peu trop léger. Élément d'un projet-plateforme plus large ( Reasons To Be Cheerful), qui annonce la tournée "la plus ambitieuse" depuis l'historique Stop Making Sense, il devrait y trouver sans doute une autre consistance.