L'un est actuellement en tournée (à la basse) avec Mark Lanegan et a sorti sous le nom de Lyenn l'un des meilleurs disques belges de ces derniers temps. L'autre est un guitariste virtuose et prépare la sortie (en avril) du deuxième album de Flying Horseman. Quant au troisième, il a eu l'occasion de jouer avec Toots Thielemans, le pianiste Jack van Poll et s'assied derrière les futs de Dez Mona. Ce n'est pas le projet le plus vendeur et abordable de l'année mais emmené par trois brillants musiciens, Fred Lyenn Jacques, Bert Dockx et Steven Cassiers, Dans Dans est assurément l'un des plus excitants...

L'un est actuellement en tournée (à la basse) avec Mark Lanegan et a sorti sous le nom de Lyenn l'un des meilleurs disques belges de ces derniers temps. L'autre est un guitariste virtuose et prépare la sortie (en avril) du deuxième album de Flying Horseman. Quant au troisième, il a eu l'occasion de jouer avec Toots Thielemans, le pianiste Jack van Poll et s'assied derrière les futs de Dez Mona. Ce n'est pas le projet le plus vendeur et abordable de l'année mais emmené par trois brillants musiciens, Fred Lyenn Jacques, Bert Dockx et Steven Cassiers, Dans Dans est assurément l'un des plus excitants. " Peu de gens l'entendent de la sorte mais pour moi, nous sommes avant tout un groupe de jazz, présente Dockx. On utilise sans y penser certaines de ses idées, de ses règles et de ses traditions." " Plus de la musique improvisée que du jazz à la Bill Evans", précise tout de même Lyenn. Les deux hommes se sont rencontrés à Anvers lors de jams au Jazz Studio. " Nous avons passé beaucoup de temps et grandi musicalement ensemble. Nous sommes deux nocturnes. Ce qui d'ailleurs n'a pas toujours plu à nos voisins. Flanqués de Steven Cassiers, ils ont enregistré leur premier album dans une aile d'hôpital abandonné, à Anvers, sur un vieil enregistreur des années 50 et dans le studio d'un pote à raison de deux ou trois prises par morceau. " Notre musique ne sonne pas jazz mais elle en a l'esprit", glisse le batteur de Dez Mona. " Dans Dans n'est pas de l'impro totalement libre. Il y a de la réflexion derrière. Mais c'est une façon très pure de faire de la musique, reprend Dockx. En matière de son. Les chansons n'ont pas été mixées. Mais aussi en termes de communication. Entre trois personnes plus ou moins égales qui ne parlent pratiquement jamais de ce qu'elles font." Dans Dans, dont l'incroyable Waterpoort est la seule compo, s'attaque au répertoire de Sonny Rollins, Sun Ra et autre Thelonious Monk (c'est sur son disque). Puis possède dans son réservoir du Gainsbourg, du Brahms, du Ornette Coleman... " Des morceaux qui stimulent notre imagination, notre créativité. Il s'agit moins de réinterprétation que d'extrapolation", note Lyenn qui pour la petite histoire a eu l'occasion de jouer avec Coleman dans l'appartement new-yorkais de ce dernier. " Nous proposons un certain type de reprises. Des reprises libres, estime Dockx. On prend un titre et on en change le tempo, l'atmosphère. C'est ce que font tout le temps les grands jazzmen. Même si le résultat final s'en éloigne, je garde toujours dans un coin de la tête la version originale. D'ailleurs, quand on joue River Man , l'image de Nick Drake finit toujours tôt ou tard par me traverser l'esprit." Sur scène, il arrive que Wim Lots, à qui l'on doit la pochette de l'album, dessine live sur la musique de Dans Dans. Le disque, lui, n'est disponible qu'en vinyle (avec un CD dans le package). En vente online sur www.instantjazz.com et à Bruxelles au Veals & Geeks. Les bonnes choses, ça se mérite. DANS DANS, DANS DANS. ****JULIEN BROQUET