Il compare sa destinée à celle de Cendrillon. Une Cendrillon qui aura côtoyé Bambi. Brahim Rachiki, belgo-marocain de 30 ans, danseur autodidacte débarqué aux Etats-Unis par hasard, est revenu chez nous avec sur son CV les noms de Madonna et de Michael Jackson. L'histoire? Un billet d'avion gratuit reçu durant une période morose, des vacances à Los Angeles, un avion de retour loupé, et le rêve américain qui débute. Des castings en pagaille, certains qui marchent, d'autres pas. Et puis un jour, des chorégraphes qui ont le nez fin, à qui il tape dans l'£il - faut dire qu'il a de quoi avec sa gueule d'amour et son corps d'athlète -, et qu'il se met à seconder. Madonna le surnommait " waffel", Michael Jackson se réjouissait de vivre la série de concerts londoniens This is it avec lui. "J'ai beaucoup entendu parler de toi", lui avait dit le King of Pop en le rencontrant pour la première fois. C'est lorsqu'il se repose quelques jours à Paris cet été après d'i...

Il compare sa destinée à celle de Cendrillon. Une Cendrillon qui aura côtoyé Bambi. Brahim Rachiki, belgo-marocain de 30 ans, danseur autodidacte débarqué aux Etats-Unis par hasard, est revenu chez nous avec sur son CV les noms de Madonna et de Michael Jackson. L'histoire? Un billet d'avion gratuit reçu durant une période morose, des vacances à Los Angeles, un avion de retour loupé, et le rêve américain qui débute. Des castings en pagaille, certains qui marchent, d'autres pas. Et puis un jour, des chorégraphes qui ont le nez fin, à qui il tape dans l'£il - faut dire qu'il a de quoi avec sa gueule d'amour et son corps d'athlète -, et qu'il se met à seconder. Madonna le surnommait " waffel", Michael Jackson se réjouissait de vivre la série de concerts londoniens This is it avec lui. "J'ai beaucoup entendu parler de toi", lui avait dit le King of Pop en le rencontrant pour la première fois. C'est lorsqu'il se repose quelques jours à Paris cet été après d'intenses répétitions qu'il apprend la mort de la mégastar . "On m'a dit: tout s'écroule pour toi, Brahim. " Et lui, il en pense quoi? "J'ai tellement appris aux côtés de Michael que je ne regrette rien. Le meilleur est à venir, c'est ce que je me dis toujours. J'ai quand même été à moitié SDF pendant quelques temps dans ma vie!" Aujourd'hui de retour au pays ("Une Belgique aux petits moyens mais aux grands talents, dont je suis très fier"), il fourmille de projets sans en avoir un en particulier sur le feu. "Je recherche surtout l'âme s£ur... ", dit-il dans un clin d'£il. Et il précise: "En fait, ma vraie passion, ce n'est pas la danse, c'est la comédie." L'ancien assistant chorégraphe de Michael Jackson, qui connaît le langage des mouvements, s'est prêté au jeu des parallèles entre l'homme et ses pas légendaires. Lire par ailleurs notre critique du DVD This is it page 32. Le pas"Le clip de Thriller a été chorégraphié par Michael Peters, qui a su s'adapter au chanteur, à sa musique, et à l'époque. C'était la mode des films d'horreur, en ce temps-là. Il a donc fait un clip de zombies. Il y a clairement des modes dans la danse, des tendances. Par exemple, Madonna, sur le Stick and Sweet Tour, voulait absolument me faire imprimer une énergie tecktonik à certaines chansons."L'hommeUn zombie, Michael? "Je ne peux pas juger, parce que moi aussi je suis très nonchalant quand je ne suis pas sous le feu des projecteurs. A 2 doigts d'avoir l'air d'un clodo. Je m'allume quand il est temps de me réveiller. Je crois que Michael c'était pareil. Il se préservait un maximum."Le pas"A la base, le mouvement s'appelle le backslide. Il donne l'illusion qu'on avance alors qu'on recule. Ce n'est pas trop difficile au niveau technique, c'est un mouvement de base, que tout le monde connaît, que l'on voyait dans la rue. Là où Michael fait la différence, c'est avec l'énergie qu'il a insufflée au pas." L'hommeUn faussaire, Michael? "On dit que le moonwalk lui est venu en regardant le mime Marceau. En fait, il s'est inspiré de plein de gens, comme du chorégraphe Bob Fosse. Il suffit d'ailleurs de voir la vidéo de la chanson A snake in the grass , du film The little prince de Bob Fosse. Le clip de Billie Jean en est une copie conforme. La vitalité de Michael en plus."Le pas"Il s'agit de cette fameuse lévitation à 45°, comme dans le clip de Smooth Criminal . Il y a bien évidemment un trucage... Mais comme les médecins, les danseurs ont aussi leurs secrets professionnels. Je ne vous révélerai pas celui-ci!" L'hommeEn lévitation au-dessus de la masse ? "Au contraire. Il avait une humilité extraordinaire. Il vous aurait fait passer vous pour la star! Quand Madonna entrait dans une pièce, on sentait immédiatement sa présence, même si on ne la voyait pas. Michael, on ne le devinait pas. C'est sur scène que le switch s'opérait." Le pas"Ces pointes, qui suivaient une pirouette, il les avait créées. Il y avait quand même des choses qui lui appartenaient dans ses mouvements, ce n'était pas qu'un interprète. Ses chorégraphes lui servaient surtout d'inspiration, de muses. C'était mon rôle." L'hommeUn enfant qui veut se grandir? " C'était effectivement l'impression qu'il donnait. Quand il s'agissait de faire du business, c'était un adulte. Mais dans ses rêves, c'était un gosse. Les gens oublient souvent de rêver. Or, si vous pensez comme un adulte, vous ne faites rien de votre vie, vous vous éteignez. Michael, lui, rayonnait." Le pas"Avec ses gestes saccadés, on l'appelle aussi le popping . Ce pas a été popularisé par des danseurs urbains californiens, les Electric Boogaloos, qui s'étaient eux-mêmes inspirés de James Brown. Michael Jackson les a d'ailleurs invités dans certains clips. Faut pas croire, c'est comme ça aussi que j'ai appris à danser: en imitant!" L'hommeUn robot? Un homme froid? "Franchement, non. Il y avait énormément d'amour dans tout ce qu'il faisait. Mais c'est vrai qu'il aimait tout diriger et qu'il savait ce qu'il faisait. Comme Madonna, c'était le genre de personne qui nous poussait dans nos derniers retranchements pour que nous puissions nous dépasser." Rencontre Myriam Leroy