Dans la foulée d'Intersections #1 à Tournai ( lire notre article dans Focus du 01/08), voici une autre de ces initiatives, idéale pour les beaux jours, croisant patrimoine et art contemporain. Son nom? Artour, biennale ayant vu le jour en 1997 dont c'est la 12e édition. Si, au premier regard, l'approche semble moins axée mobilité douce que l'événement tournaisien, qui peut s'effectuer à pied quant à...

Dans la foulée d'Intersections #1 à Tournai ( lire notre article dans Focus du 01/08), voici une autre de ces initiatives, idéale pour les beaux jours, croisant patrimoine et art contemporain. Son nom? Artour, biennale ayant vu le jour en 1997 dont c'est la 12e édition. Si, au premier regard, l'approche semble moins axée mobilité douce que l'événement tournaisien, qui peut s'effectuer à pied quant à lui, il est à noter que ce parcours peut néanmoins s'accommoder d'un (bon) coup de pédale, sachant qu'il n'y a "que" 24 km entre le point le plus septentrional du tracé (Soignies) et l'étape la plus méridionale (Binche). Une raison de plus donc pour ne pas bouder son plaisir. C'est sous l'intitulé D'un temps l'autre que s'avance ce rendez-vous panachant lieux culturels consacrés (le Centre de la Gravure et de l'Image Imprimée, Bois-du-Luc, le Mill) et détours moins connus (Musée Alexandre-Louis Martin, Centre Daily-Bul & C°). Célinien dans sa formulation, le contenu de la biennale est pour le moins heideggérien car l'idée du temps qui passe, de l'être-pour-la-mort, s'inscrit au coeur du propos. Pour le comprendre, il faut se rendre à l'endroit où tout commence, c'est-à-dire au Centre de la Gravure où se découvrent 50 des célèbres autoportraits de Roman Opalka. Réalisées selon un protocole immuable, ces représentations matérialisent le temps qui passe. Aux côtés de l'artiste franco-polonais, on découvre aussi les intimités brûlantes d'Anne de Gelas, photographe dont le travail capte le caractère irréversible de la temporalité. Au Bois-du-Luc, Jean-Philippe Tromme s'applique à immortaliser un souvenir minuscule et éphémère: le jardin de son père. Mais la programmation n'est pas seulement grave. À ce titre, il ne faut manquer sous aucun prétexte les détournements hilarants du collectif suisse Plonk et Replonk qui s'amuse à manipuler des images (parfois faussement) anciennes tombées dans le domaine public.