C'est un peu la mort dans l'âme que l'on clôt cette série consacrée à la photographie de surf. En phase avec le voyage que ce fut, il a été choisi de terminer avec une image sublime signée par Julien Roubinet (1987), photographe français exilé aux États-Unis à qui l'on doit un magnifique ouvrage sur la di...

C'est un peu la mort dans l'âme que l'on clôt cette série consacrée à la photographie de surf. En phase avec le voyage que ce fut, il a été choisi de terminer avec une image sublime signée par Julien Roubinet (1987), photographe français exilé aux États-Unis à qui l'on doit un magnifique ouvrage sur la discipline telle qu'elle se pratique aux environs de New York. Autre latitude, autre photogénie. En découvrant ce cliché noir et blanc, on pense d'emblée aux toiles du peintre belge Thierry De Cordier (Audenarde, 1954). Chez lui aussi, il y a ce frisson. Cette impression que l'homme est un accident minuscule qui s'est produit au sein de quelque chose à jamais plus grand que lui. On est frappé de stupeur devant ce tourbillon qui convoque les montagnes et les paysages marins au sein de la même désolation. Tout cela rappelle les vastes peintures topographiques en noir et blanc réalisées en Chine aux XIe et XIIe siècles tout autant que les qualités essentielles des effets et des lumières en provenance des latitudes septentrionales. Les ciels gris et les mers noires d'encre de ces représentations monochromes évoquent la mélancolie, les scènes les plus dramatiques étant celles dans lesquelles les vagues et les falaises montagneuses fusionnent et incarnent les forces de la nature au sein d'une seule image primale. Glisser sur les vagues est une nostalgie dont on ne sort pas indemne, surtout quand l'été s'achève.