Premier long métrage de Pascal Rabaté, Les Petits Ruisseaux a des allures d'ovni dans le ciel du cinéma français. Un film qui parle de la vie amoureuse des seniors, voilà qui est peu banal, en effet; d'autant moins qu'il assortit son sujet d'un regard sur le monde attentif aux marges, en même temps que d'une poésie et d'un ton rappelant l'£uvre d'un Jacques Tati. S'il signe là son coup d'essai cinématographique, le réalisateur n'est pas pour autant un inconnu: venu à la bande dessinée avec Exode, en 1989, Rabaté s'en est imposé comme l'une des figures majeures, l'auteur notamment de Ibicus, adaptation d'Alexis Tolstoï; celui, également, des Petits ruisseaux, dont le film est une transposition fidèle. Après ceux de Riad Sattouf ou Joann Sfar, son passage derrière la caméra vient confirmer que les auteurs de BD peuvent désormais trouver dans le cinéma un médium à leur main. Il nous en parlait, et de bien d'autres choses encore, lors de son passage au récent Festival du film européen de Bruxelles.
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