Conventions annulées, gameplay repensé, serveurs down, gratuité de certains titres... La planète gaming bouleverse ses habitudes pour réagir au confinement d'une large partie de la planète. À l'image du cinéma et des séries télé, il y aura sans nul doute un avant et un après Covid-19 pour le secteur.
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Conventions annulées, gameplay repensé, serveurs down, gratuité de certains titres... La planète gaming bouleverse ses habitudes pour réagir au confinement d'une large partie de la planète. À l'image du cinéma et des séries télé, il y aura sans nul doute un avant et un après Covid-19 pour le secteur. Épicentre de la culture indépendante, la Game Developers Conference et son Independent Games Festival organisés à San Francisco ont été fauchés par le virus. Mais l'événement, qui sacrait entre autres Untitled Goose Game, ne s'est pas morfondu. D'ordinaire partiellement payantes, Ces conférences ont été gracieusement offertes sur Twitch. Une vingtaine de constructeurs, éditeurs et développeurs se sont en outre réunis pour créer la GDC Relief Fund, qui a récolté 76 500 dollars. Une somme destinée à aider les créateurs indé qui y vont souvent de leur poche pour payer des avions et des hôtels hors de prix et non remboursables. Par ailleurs, l'annulation du tonitruant E3 de Los Angeles et le report du plus indie A MAZE. de Berlin repousseront sans nul doute des sorties attendues. Pas de quoi alimenter la motivation pour des studios déjà confinés en télétravail. Notamment chez Ubisoft, où Assassin's Creed et Watch Dogs Legion se développent du Canada à la Chine en passant par la France. Il faut savoir que la notion de deadline est capitale pour un développeur de jeux vidéo. Au-delà de l'émulation collective, le chrono limité des game jams(1) incite d'ailleurs les créateurs au meilleur. Les dates fatidiques des grands événements et salons du jeu vidéo ont les mêmes vertus puisque la présentation au public d'un jeu pousse au rush. Le jeu vidéo traîne à tort une réputation d'activité confinée isolant ses adeptes. Mais rien n'est moins vrai pour Pokémon GO. Ce jeu en réalité augmentée qui pousse les gamers à sortir en rue pour attraper des créatures frémit logiquement face à l'infection généralisée. Niantic, son studio, a toutefois adapté ses curseurs aux USA, où le jeu reste très populaire. Le nombre de monstres apparaissant près des domiciles des joueurs a ainsi été revu à la hausse tandis que les PokeStops donnent plus de cadeaux pour diminuer le besoin de voyage entre différentes stations géolocalisées. Ces décisions aux airs de prélude à la fermeture très probable de Pokémon GO se doublaient logiquement dimanche dernier d'un record historique de connexions sur Steam. Hissant Counter-Strike: Global Offensive en tête de ses jeux, le service a drainé simultanément 20 millions d'âmes en quête d'interactions ludiques dans le monde. Tiendra? Tiendra pas? Les serveurs du Xbox live, de Fortnite, d' Animal Crossing et de FIFA ont déjà mis un genou à terre la semaine dernière... Le blues dû au manque de voyage et à l'isolement social est inévitable. Mais il pourra être atténué grâce à la gratuité de plusieurs jeux. Le service Good Old Games rassemble notamment une trentaine de classiques rétro comme le point & click dystopique de Beneath a Steel Sky ou encore le légendaire Ultima IV. De son côté, Itchio -portail indé de référence- abrite plusieurs playlists soulageant le confinement, entre autres l'excellente "Self-isolation on a budget", qui aligne 60 titres dont le très beau Where the Water Tastes Like Wine. Un jeu littéraire de passeurs d'histoires folk US, pour s'endormir au coin du feu...