Chaque époque a ses symboles, ses icônes, ses trophées vivants. Elvis, James Dean ou Marilyn ont ainsi porté les valeurs et les aspirations de leur génération. Pour le meilleur et pour le pire. Aujourd'hui, qui ferait l'affaire? Qui pourrait résumer ces années 2000 rongées par le doute? Obama? Trop lisse, trop parfait pour enfiler un costume, le présent, dont les coutures craquent de partout. Si on lui découvrait quelques cadavres dans le placard (adultère ou alcoolisme par exemple), on pourrait éventuellement revoir sa candidature... En attendant, c'est toujours du c...

Chaque époque a ses symboles, ses icônes, ses trophées vivants. Elvis, James Dean ou Marilyn ont ainsi porté les valeurs et les aspirations de leur génération. Pour le meilleur et pour le pire. Aujourd'hui, qui ferait l'affaire? Qui pourrait résumer ces années 2000 rongées par le doute? Obama? Trop lisse, trop parfait pour enfiler un costume, le présent, dont les coutures craquent de partout. Si on lui découvrait quelques cadavres dans le placard (adultère ou alcoolisme par exemple), on pourrait éventuellement revoir sa candidature... En attendant, c'est toujours du côté du showbiz, matrice à fantasmes où l'on n'hésite pas à mettre en lumière sa part d'ombre, qu'il faut aller chercher la Galatée taillée dans le marbre de nos vices et de nos vertus. Et de préférence pas dans le wagon de queue des charts, où s'entassent les "originaux", mais bien du côté des locomotives de l'industrie. Outre-Manche, patrie du rock, on a donc le choix entre... Susan Boyle et Lady Gaga. Passons sur la première qui est un malheureux accident de l'histoire - encore que, l'aveuglement confit de bons sentiments qui dégouline de cette success story en dit long sur l'hypocrisie d'une société qui essaie de se convaincre que la citrouille a autant de charme que le carrosse. Lagy Gaga correspond toutefois plus au profil recherché. Elle fait justement la Une du magazine Q d'avril 2010 (ces Anglais quand même, toujours une longueur d'avance...). Torse nu s'échappant d'un pantalon clouté, la reine du carnaval a enfilé des gants vernis aux doigts effilés qui iraient comme des pantoufles à un échassier. Fidèle à son image caméléon, elle brouille les pistes: pudeur d'un côté (une main sur la poitrine), provoc de l'autre (la seconde coincée dans l'entrejambe). Et pour figer le tout: un regard inexpressif de poupée Barbie dont on aurait gommé le sourire béat. Le corps-machine dans toute sa puissance. Rien de surprenant chez cette ex-strip-teaseuse qui a fait de l'effeuillage mécanique le clou de ses apparitions théâtrales comme de ses clips hot couture. A première vue, rien que de très banal dans un monde où l'exubérance coule à flot comme le champagne. Sauf que quelque chose ne colle pas. Derrière l'icône pop, l'aspirateur à Grammys et le défilé de mode permanent, la raison bute sur une énigme. Qu'est-ce qui cloche? Est-ce cette impression d'avoir affaire à un personnage factice dont les tenues sophistiquées, les tubes synthétiques aussi bien que les déclarations choc et toc (sur sa sexualité notamment) semblent avoir été mises au point dans un laboratoire spécialisé dans les créatures médiatiques? Chassez le naturel, il ne revient pas toujours au galop de nos jours. Et si elle n'y prend garde, la Lady finira gaga. Pour de bon cette fois... Retrouvez la chronique sur les séries télé de Myriam Leroy, tous les jeudis à 8h45, sur PURE FMPar Laurent Raphaël