On la rencontre en pleine répétition, calme mais un peu ailleurs, probablement là-bas dans son projet qui fait l'ouverture du Théâtre National dans quelques jours. Les nuits sont difficiles, le temps presse. Elle dirige un atelier avec le premier collectif de jeunes acteurs du Théâtre National. Elle aussi y fait ses premiers pas, avec un essai politique, français et insolent: L'insurrection qui vient, signé Le Comité invisible. Accusé d'" incitation à la violence", le livre est une preuve à charge, dans l'Affaire Tarnac/Julien Coupat, des sabotages de lignes TGV en 2008. Faut dire...

On la rencontre en pleine répétition, calme mais un peu ailleurs, probablement là-bas dans son projet qui fait l'ouverture du Théâtre National dans quelques jours. Les nuits sont difficiles, le temps presse. Elle dirige un atelier avec le premier collectif de jeunes acteurs du Théâtre National. Elle aussi y fait ses premiers pas, avec un essai politique, français et insolent: L'insurrection qui vient, signé Le Comité invisible. Accusé d'" incitation à la violence", le livre est une preuve à charge, dans l'Affaire Tarnac/Julien Coupat, des sabotages de lignes TGV en 2008. Faut dire que le texte emmerde la nuance et combat sans scrupule: " Il était temps que "nique la police!"prenne la place de "oui, monsieur l'agent!"" Etat, individu, société (civile), tous y passent. Un livre revigorant et un choix audacieux pour cette jeune metteuse en scène qui s'est façonné une conscience politique à travers Oxfam, Amnesty International, le mouvement altermondialiste, le rayon "alternatives politiques" . "Un ami m'a envoyéL'Insurrection pour me souhaiter la bonne année. Le livre et son histoire m'ont intéressée parce qu'ils dégagent une énergie, une écriture poétique qui brûle (que je ne partage pas à 100 %) mais qui pousse à la réflexion. J'y entends plus un appel à la résistance qu'à la violence. Au théâtre, ce sera une esthétique brute qui rend compte d'un atelier de 3 semaines. J'ai envie de partager le livre et son contexte, qu'il y ait la possibilité d'y croire à fond et de douter à fond." Pas étonnant de la retrouver au National dont le directeur, Jean-Louis Colinet, s'attache des spectacles aux enjeux politiques et esthétiques. Mais, à peine sortie de l'Insas, en 2006, avec 2 mises en scène et beaucoup de performances -" brolleuses", dit-elle-, c'est la surprise . "Je me suis dit: waouw, ce n'est pas un peu trop grand pour moi, en termes de gestion et de visibilité? Mais c'est une chance d'avoir un soutien artistique, technique, financier, de faire partie de quelque chose." En 2009, le National, comme la Maison de la culture de Tournai, a repéré Coline Struyf au Théâtre Océan Nord dans son spectacle Un fils de notre temps, adapté du roman de von Horvath. Conséquence heureuse: en janvier, elle présentera, au festival de Liège (dirigé par J.L. Colinet) et à Tournai, sa prochaine création: Balistique Terminale, sur les armes à feux et le mouvement particulier d'une balle! Drôle de personnage, qui affectionne la danse et la performance, dont le théâtre doit parler au présent, et qui flippe encore d'assumer l'étiquette "théâtre politique": "Parce que ça fige, que je suis toujours en mouvement, que je m'intéresse aussi à la poétique du théâtre." Et là, elle est bien dans son temps: l'hybride où se mélange la vidéo, la musique, l'éclatement ordonné, le récit fragmenté. Pas le temps non plus de reprendre le violoncelle tant son travail l'emporte sur ses hobbies. Et puis, il y a son collectif d'artistes Marrield asbl, un espace commun de réflexion et de recherche... qui pourrait déjà la définir. l u Du 21 au 25/09. u www.theatrenational.be u www.marrield.be Nurten Aka