Il a la voix de ces chanteurs soul noirs qui dans les années 60 luttaient en musique contre la ségrégation et pour la reconnaissance des droits civiques élémentaires des Afro-Américains. James Hunter a beau être signé sur le label new-yorkais Daptone Records, il est anglais, a 57 balais (il est né le 2 octobre 1962) et est aussi blanc que Joe Cocker. Hunter n'en a pas moins eu droit à son bout de vie laborieux et chaotique de son côté de l'Atlantique. À l'âge de seize ans, il quitte son école de Colchester, dans l'Essex, pour travailler aux Chemins ...

Il a la voix de ces chanteurs soul noirs qui dans les années 60 luttaient en musique contre la ségrégation et pour la reconnaissance des droits civiques élémentaires des Afro-Américains. James Hunter a beau être signé sur le label new-yorkais Daptone Records, il est anglais, a 57 balais (il est né le 2 octobre 1962) et est aussi blanc que Joe Cocker. Hunter n'en a pas moins eu droit à son bout de vie laborieux et chaotique de son côté de l'Atlantique. À l'âge de seize ans, il quitte son école de Colchester, dans l'Essex, pour travailler aux Chemins de fer. Profondément marqué par Eddie Cochran et Muddy Waters, le jeune guitariste en herbe se met à chanter. Six ans plus tard, il donne son premier concert rémunéré sous le nom de Howlin' Wilf & The Vee-Jays. Ouvrier le jour, chanteur la nuit... Il y aura une signature chez Ace Records. Quelques disques. Un tas de concerts aussi dans les clubs d'Islington et d'Oxford Street, avant qu'au début des années 90, Van Morrison l'embauche pour deux albums et quelques tournées. Success story? Maybe. S'il aura la chance d'ouvrir pour Aretha Franklin et Etta James, Hunter tombe dans l'oubli et se retrouve en 2002 à jouer dans les rues de Londres pour payer les factures. Avec en prime l'accueil hostile des mendiants à qui il pique une partie de leur clientèle. Chienne de vie. Heureux rebondissement. En 2006, People Gonna Talk est nommé pour le prix du meilleur album de blues traditionnel lors de la 49e cérémonie des Grammy Awards... James voit le bout du tunnel. Après s'être fait produire par Gabriel Roth, l'un des patrons de la rutilante écurie soul et early rhythm and blues de Brooklyn, The James Hunter Six a signé chez Daptone Records et y sort déjà avec Nick of Time son troisième album. Ce disque, James Hunter l'a enregistré aux studios Penrose à Riverside en Californie (Daptone au soleil) mais pour une fois avec les musiciens de la maison. Des mecs, tous au sommet de leur art, croisés auprès des regrettés Sharon Jones et Charles Bradley. Nick of Time n'est pas seulement le meilleur album du soulman quinquagénaire britannique. C'est une collection imparable de tubes vintage, de chansons fiévreuses, de slows "squette braguette". Une machine à remonter le temps qui a le sens du groove. Un vibrant hommage aux nombreux artistes qui ont bercé sa jeunesse. Il y a du Sam Cooke, du Nat King Cole, du Otis Redding, du Ben E. King (envie de se remater Stand By Me, tiens) dans tout ça. Un clin d'oeil à Ray Charles par-ci. Une pensée pour Burt Bacharach par-là. Pratiquement pas un morceau n'est à jeter sur ce disque rétro au splendide et patiné grain de voix. Timeless...