Depuis le 10 avril, Chloé Op de Beeck (1986, Duffel) s'expose à Eupen, dans le cadre de l'IKOB. La plasticienne anversoise occupera les lieux jusqu'à la mi-juin. Réticent à s'enfiler les 130 kilomètres qui séparent Bruxelles de la cité germanophone située en bord de Vesdre? Voici une petite ...

Depuis le 10 avril, Chloé Op de Beeck (1986, Duffel) s'expose à Eupen, dans le cadre de l'IKOB. La plasticienne anversoise occupera les lieux jusqu'à la mi-juin. Réticent à s'enfiler les 130 kilomètres qui séparent Bruxelles de la cité germanophone située en bord de Vesdre? Voici une petite chronique qui, on l'espère, agira comme un déclencheur. Un mot d'abord sur sa pratique, qui consiste en des oeuvres vidéo et des photographies disposées au coeur d'installations dans lesquelles le visiteur prend place. Immersif ? Oui mais par le biais de dispositifs évoquant le Godot de Samuel Beckett. " Les moments et les situations qu'elle capture semblent être joués en boucle permanente; comme sur une scène de théâtre, les personnages suivent les trajectoires prédéfinies dans des décors bien pensés. Pourtant, ce sont des situations réelles et mondaines d'attente, de silence et de non-activité, observées et filmées par l'artiste", explique en anglais son site. Sur ce dernier, on laisse fondre sur la langue le refus du spectaculaire. De ces créations, Op de Beeck ne livre que quelques captures d'écran à la puissance suggestive maximale, ainsi qu'une bande-son SoundCloud invitant à une promenade aux contours radiophoniques. Cette économie de moyens, qui active sérieusement l'imagination du curieux, n'a pas son pareil pour susciter l'envie de voir cet univers figé prendre forme. Où l'on se dit que parfois moins c'est vraiment plus.