Deuxième rendez-vous de la saison pour les Focus Nights et leur sélection "Banc d'essai" consacrée aux tout premiers films de cinéastes qui comptent. Après l'incontournable Citizen Kane d'Orson Welles, changement radical de registre avec Chien qui aboie ne mord jamais de Bong Joon-ho. Le futur réalisateur des formidables Memories of Murder, The Host et autre Mother signe en l'an 2000 cet étonnant coup d'essai, comédie noire et cruelle noyauté...

Deuxième rendez-vous de la saison pour les Focus Nights et leur sélection "Banc d'essai" consacrée aux tout premiers films de cinéastes qui comptent. Après l'incontournable Citizen Kane d'Orson Welles, changement radical de registre avec Chien qui aboie ne mord jamais de Bong Joon-ho. Le futur réalisateur des formidables Memories of Murder, The Host et autre Mother signe en l'an 2000 cet étonnant coup d'essai, comédie noire et cruelle noyautée autour de canidés volés, tués et/ou mangés au sein d'un simple immeuble d'habitation coréen figuré en grand corps grouillant où même le chauffage parle. Récit d'une obsession, d'un dérèglement, ce film choral, de voisinage, truffé de coïncidences et de hasards plus ou moins heureux, d'apparitions et de disparitions, évoque une partition de jazz, mélange imprévisible de nonchalance figée et de soudaines accélérations baignées d'humour décalé -terme galvaudé s'il en est mais qui semble avoir été inventé pour caractériser le cinéma de Bong Joon-ho. Dans Chien qui aboie ne mord jamais, la corruption profonde des rouages étatiques et l'absurdité totale de l'existence conduisent -littéralement- à faire n'importe quoi. C'est, en effet, au portrait peu reluisant et à la critique féroce de la société sud-coréenne, pervertie par le culte de la réussite et de la reconnaissance, que s'attelle en filigrane Bong Joon-ho, fustigeant les mensonges et les compromissions de l'âge adulte tout en portant une attention particulière aux déclassés du système. Et les braves toutous martyrs du film de servir de prétexte à connecter diverses ultramodernes solitudes entre elles, un peu à la manière de... Chacun cherche son chat. Si l'on ne retrouve pas encore tout à fait ici la virtuosité de mise en scène qui fera le sel de Memories of Murder, The Host, Mother et, dans une moindre mesure, Snowpiercer ou Okja, le cinéaste s'y impose, déjà, en grand raconteur d'histoires. Une vraie curiosité. La séance sera introduite par un critique de Focus et se prolongera autour d'un verre. Le 05/10 à 19 h à la Cinematek, rue Baron Horta 9, 1000 Bruxelles. www.cinematek.be Pour être nos invités le 5 octobre à 19 h à la Cinematek, rendez-vous dans notre rubrique Concours sur www.focusvif.be N.C.