Il faut parfois toucher le fond de la piscine pour retrouver un appui et remonter à la surface. Dégoûté par les manoeuvres de l'industrie musicale, rincé par son boulot de faiseur de tubes dans l'ombre de chanteurs variétoche (Jenifer, Amel Bent), Simon Rochon Cohen avait fini par prendre la tangente. Dans s...

Il faut parfois toucher le fond de la piscine pour retrouver un appui et remonter à la surface. Dégoûté par les manoeuvres de l'industrie musicale, rincé par son boulot de faiseur de tubes dans l'ombre de chanteurs variétoche (Jenifer, Amel Bent), Simon Rochon Cohen avait fini par prendre la tangente. Dans son coin, il avait malgré tout continué à composer, rien que pour lui. Sous le nom de Chaton, il a ainsi fini par sortir un peu par hasard le morceau Poésie, puis l'album Possible. Un disque de chanson dub (?) à la fois autarcique et miraculeux, osant marier le minimalisme d'un Mathieu Boogaerts à un autotune désenchanté à la PNL. Un an plus tard, Chaton est déjà de retour. Et même s'il a connu entre-temps un succès, certes modeste mais libérateur - "Tant que ça paie les cigarettes, je retournerai pas dans la variet' à papy" ( Sans soda & sans glaçon)-, le ton reste à la confession tristoune (" toujours moins de réponses que de questions"). Certes, l'effet de surprise a disparu. Malgré cela, le spleen cotonneux et impudique de Chaton continue de faire mouche ici et là. Enfonçant le clou d'une misanthrophie si profonde qu'elle en devient drôle ( "la peine de mort pour ce DJ/pour que la musique me dégoûte/il fallait vraiment déconner" sur Même en survet), Chaton parle comme il vanne sur les réseaux. Sans toutefois réussir à cacher totalement son romantisme - "et si en Dieu parfois j'espère, il n'y a qu'en nous que je crois" ( Ultime intime).