Celui qui garde le ver, nouvelle épistolaire de Stephen King publiée en 1980 dans le recueil Danse Macabre, était un hommage appuyé à Lovecraft et se nourrissait des influences d'Edgar Allan Poe. Son adaptation dans Chapelwaite ajoute du trauma intergénérationnel aux éléments d'un XIXe siè...

Celui qui garde le ver, nouvelle épistolaire de Stephen King publiée en 1980 dans le recueil Danse Macabre, était un hommage appuyé à Lovecraft et se nourrissait des influences d'Edgar Allan Poe. Son adaptation dans Chapelwaite ajoute du trauma intergénérationnel aux éléments d'un XIXe siècle sépulcral. Après le décès en mer de son épouse, le capitaine Charles Boone revient sur ses terres de Jerusalem's Lot et s'installe avec ses enfants et Rebecca, une gouvernante, dans l'antique demeure familiale. La malédiction qui frappe cet endroit va entrer en résonance avec un deuil bien plus profond. Le récit d'horreur fantastique se pare d'éléments folkloriques dans une mise en scène soignée, dont la dimension atmosphérique étend le scénario au-delà des prémices établies par King. La source de la frayeur qui habite les murs, latente, reste longtemps nébuleuse. Ce non-choix entre surnaturel et mystère horrifiant fait plonger d'emblée l'histoire dans un semi-coma avant le réveil brutal des premières révélations. Dans le rôle principal, Adrien Brody étale toutes les formes d'inquiétude et de fatigue que lui autorisent ses traits. Sa prestation, crédible mais peu subtile, est symptomatique d'une série qui cherche à reproduire le gothique traumatique de Hill House ou Bly Manor sans jamais vraiment y parvenir.