"Gong!"

Catastrophe est moins un groupe qu'une troupe. Voire un collectif, joyeusement foutraque pour le coup, dans lequel on retrouve aussi bien des musiciens que des comédiens, des graphistes ou des écrivains (dont Blandine Rinkel, l'autrice notamment de L'Abandon des prétentions). Formé vers 201...

Catastrophe est moins un groupe qu'une troupe. Voire un collectif, joyeusement foutraque pour le coup, dans lequel on retrouve aussi bien des musiciens que des comédiens, des graphistes ou des écrivains (dont Blandine Rinkel, l'autrice notamment de L'Abandon des prétentions). Formé vers 2015, Catastrophe a rapidement signé sur Tricatel, le label de l'esthète Bertrand Burgalat. Il y a trouvé le refuge idéal pour y exprimer ses envies musicales les plus insensées. Après un premier disque-manifeste intitulé La nuit est encore jeune, le groupe propose cette fois ni plus ni moins qu'une comédie musicale, baptisée Gong!. Avec tout ce que le genre peut induire de couleurs criardes et d'extravagances. En effet, la bande ne cache pas ses influences -dont celle de Jacques Demy ou celle plus évidente encore de Starmania. Catastrophe a beau parler du Net ( Social Network), ses mélodies semblent tout droit sorties des seventies. Un peu comme si le Big Bazar avait embauché Childish Gambino ( Gromit), Catastrophe ose tout. Quitte à en faire trop? Évidemment. Complètement anachronique, le groupe se fait chorale hippie ( Visages) ou big band exotico-kitsch ( Les Vivants), tout chabada, " un bout de salade entre les dents" . Mais c'est aussi ces partis pris assumés du début à la fin, ce manque total de cynisme, qui finissent par troubler. À toucher même, comme sur Solastalgie, mélancolie collapsologique presque réconfortante.