On connaissait les manipulations induites par des deepvoices ou des deepfakes pornographiques, trucages hypersophistiqués. La liste des faux obtenus grâce au deep learning (un type d'intelligence artificielle) s'allonge. Chercheur de l'université de l'État de Wash...

On connaissait les manipulations induites par des deepvoices ou des deepfakes pornographiques, trucages hypersophistiqués. La liste des faux obtenus grâce au deep learning (un type d'intelligence artificielle) s'allonge. Chercheur de l'université de l'État de Washington, Bo Zhao alerte sur la nature insoupçonnée des deepfakes géographiques. Le scientifique a ainsi écrit un algorithme capable d'appliquer une ambiance photoréaliste plus ou moins urbaine ou campagnarde sur une cartographie vectorielle. Son IA s'inspire des environs de la ville américaine de Tacoma, des longues artères vertes de Seattle et des boulevards monochromes de Pékin pour créer de fausses images satellites. Malgré des incohérences, son projet permet de se projeter dans le futur pour notamment prédire le développement urbain. Mais il pourrait aussi tromper une opération militaire ou -comme le souligne le magazine The Verge- être détourné par le gouvernement chinois pour nier le problème des camps ouïghours, par exemple. Démystifier la prétendue véracité des photos satellitaires sera donc indispensable à l'avenir. D'autant qu'il ne s'agit pas du premier projet du genre: Henrique Andrade, étudiant brésilien, transformait il y a peu, de manière assez bluffante, des cartes de papier séculaires en image satellitaire façon Google Maps.