Jusqu'au 06/07

Événement cinéphile, la Cinémathèque française propose, en libre accès sur sa plateforme Henri, une carte blanche à la Thai Film Archive. Quatre films composent ce programme: deux courts métrages anonymes, The Ghoul (1940), une curiosité aux accents aussi bien burlesques que "horrifiques", et la comédie It...

Événement cinéphile, la Cinémathèque française propose, en libre accès sur sa plateforme Henri, une carte blanche à la Thai Film Archive. Quatre films composent ce programme: deux courts métrages anonymes, The Ghoul (1940), une curiosité aux accents aussi bien burlesques que "horrifiques", et la comédie It's All Because of a Katoey (1954), le premier film thaïlandais mettant en scène un personnage transgenre. Et, côté longs métrages, deux mélodrames: Santi-Vina (1954), de Thavi Na Bangchang, et Dark Heaven (1958), de Rattana Pestonji. Premier film thaï tourné en 35 mm et en couleur, Santi-Vina raconte, dans les campagnes de Siam, l'histoire de Santi, un jeune aveugle au coeur pur, et de Vina, qui l'aime d'absolu, leur relation se heurtant à la pression sociale et aux manoeuvres de Grai, un envieux amoureux lui aussi de la jeune fille. Et le couple de s'inscrire, dans un geste d'une souveraine beauté, dans la lignée des amants tragiques du cinéma. Chef-opérateur sur Santi-Vina, Rattana Pestonji devait ensuite réaliser Dark Heaven, un mélodrame musical inspiré de L'Heure suprême, de Frank Borzage. Le film met en scène Nien, une orpheline affamée qui, poursuivie par la police après avoir dérobé la nourriture qu'un homme fortuné avait achetée pour son chien, trouve refuge dans la carriole d'un éboueur, Choo. Ces deux-là s'aiment d'un amour pur, mis à l'épreuve des vicissitudes de l'existence, contre lesquelles la magie du 7e art opère à plein. Naïf et chatoyant, ce film est un enchantement.