"Facile x Fragile"

On en était resté au troisième album, Lost, paru fin 2018. L'ancienne de La Nouvelle Star lâchait tout formatage et s'émancipait davantage encore d'une chanson française corsetée. Malgré une Victoire de la Musique en 2019, le succès commercial n'est pas au rendez-vous. Et puis voilà donc ce doubl...

On en était resté au troisième album, Lost, paru fin 2018. L'ancienne de La Nouvelle Star lâchait tout formatage et s'émancipait davantage encore d'une chanson française corsetée. Malgré une Victoire de la Musique en 2019, le succès commercial n'est pas au rendez-vous. Et puis voilà donc ce double CD, annoncé par Facile, single de platine en France l'année dernière, avec pas moins de 20 titres qui surprennent, mais pas forcément dans le bon sens. Il y a bien deux faces "jordaniennes" sur cet enregistrement terminé l'été dernier. La première consiste en une série de chansons dopées par la maladie la plus contagieuse du moment: l'auto-tuning, qui vient exagérément s'accoler à des morceaux tels que Le Monde en main, Femmes ou Te parler. Camélia version Nakamura? On s'en serait passé. Sensation d'autant plus déconcertante qu'à partir de la neuvième plage, Nos chansons, Camélia retrouve le grain naturel de sa voix sur une mélodie touchante. Sensation prolongée par le suivant Si j'étais un homme, également superbe. Et si d'autres moments sont touchés par la grâce - Nata lova et son swing sahraoui, l'anglophone Wild Man composé par Woodkid -, un simple album des dix meilleurs moments aurait été une meilleure idée que cette proposition trop longue, trop hybride. D'autant que dans les thèmes abordés -le racisme, les relations homme-femme, le féminisme- se glissent deux ou trois textes franchement indigents. Par exemple dans le vénère Seul...