Ça commence comme un aveu: alors qu'il met la dernière main à Une forêt cachée, un livre consacré à des écrivains " méconnus, oubliés, ou éclipsés", Éric Dussert réalise que sur 156 portraits, seuls 17 sont consacrés à des femmes.....

Ça commence comme un aveu: alors qu'il met la dernière main à Une forêt cachée, un livre consacré à des écrivains " méconnus, oubliés, ou éclipsés", Éric Dussert réalise que sur 156 portraits, seuls 17 sont consacrés à des femmes... Le critique littéraire s'interroge: " Aurais-je été misogyne sans le savoir?" Justicier, il se lance alors dans un tome 2, consacré cette fois aux plus oubliées des écrivains oubliés: les femmes de lettres. Dussert en est convaincu: " La mise au ban a été telle que que l'on doit désormais réinvestir un champ complet." Si quelques noms ne nous sont pas inconnus (Nellie Bly ou Jeanette Winterson), on se perd avec bonheur et une reconnaissance grandissante dans le dédale des notices consacrées à Myriam Harry, Fanny Clar, Margaret Cavendish, Johanna Spyri, Grazia Deledda, Freya Stark ou encore Lydia Tchoukovskaïa: autant de grandes romancières étouffées, invisibilisées et brimées en raison notamment de la difficile progression du droit des femmes et du mépris insupportable de leur talent. On ignorait à quel point leur voix nous manquait.