Comment se déroulent les premières années d'une transformation pour un garçon, Max, persuadé qu'il est en fait Maxine. Parce qu'il, parce qu'elle entend les premiers frémissements d'une musique un peu différente que celle sur laquelle le monde prétend la faire danser, Maxine s'habille en fi...

Comment se déroulent les premières années d'une transformation pour un garçon, Max, persuadé qu'il est en fait Maxine. Parce qu'il, parce qu'elle entend les premiers frémissements d'une musique un peu différente que celle sur laquelle le monde prétend la faire danser, Maxine s'habille en fille et se ressent fille. L'entourage a évidemment du mal à accepter ou même à considérer cette éventualité. L'arc de changement collectif que tous entament est raconté avec une pudeur, une délicatesse et un aplomb remarquables par cette minisérie anglaise qui aborde, dans une veine réaliste, une question encore inconcevable pour beaucoup: la fluidité des genres. En étudiant les réactions de son entourage, diverses, oscillant de la colère à l'acceptation, sans jugement mais avec empathie, elle s'accorde le droit de toucher un large public, sans jamais se départir de cette question aussi juste que poignante, que nous renvoie Maxine: "Est-ce que je vis dans le bon corps?" Dans le rôle de la mère tiraillée entre un bien et un mal imaginaires, Anna Friel est épatante. Dans celui du père largué, Emmett J. Scanlan a le visage superbement transfiguré par la rage, l'incompréhension, puis la résilience et la compassion. Callum Booth-Ford, dans le rôle de Maxine, embrasse cette vie en rose avec tellement d'intensité qu'on attend déjà la prochaine saison avec impatience.