"La veille de notre déménagement, ma copine et moi sommes passés une dernière fois par notre fritkot habituel. Quand on a annoncé au patron qu'il allait nous voir moins souvent, qu'on partait s'installer à Bruxelles, il n'a pas pu s'empêcher: "Quoi? Quand même pas Bruxelles!" C'était presque comme si on changeait de continent!" (rires). Koen Galle n'est pourtant pas parti très loin: Opwijk est situé à 20 km à peine de la capitale... C'est là, en Brabant flamand, qu'il a grandi, et fait notamment ses classes musicales au Nijdrop, salle de concert qui a longtemps réussi à maintenir une programmation rock de haute tenue. Ça, plus une passion pour la radio (et le sporting d'Anderlecht): sans le vouloir, la route de Koen Galle semblait toute tracée. "J'ai toujours eu une attirance pour Bruxelles." Aujourd'hui, le néo-trentenaire tient notamment la barre de 22 Tracks Bruxelles, sorte de cartographie musicale de la ville, écoutable en streaming.
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"La veille de notre déménagement, ma copine et moi sommes passés une dernière fois par notre fritkot habituel. Quand on a annoncé au patron qu'il allait nous voir moins souvent, qu'on partait s'installer à Bruxelles, il n'a pas pu s'empêcher: "Quoi? Quand même pas Bruxelles!" C'était presque comme si on changeait de continent!" (rires). Koen Galle n'est pourtant pas parti très loin: Opwijk est situé à 20 km à peine de la capitale... C'est là, en Brabant flamand, qu'il a grandi, et fait notamment ses classes musicales au Nijdrop, salle de concert qui a longtemps réussi à maintenir une programmation rock de haute tenue. Ça, plus une passion pour la radio (et le sporting d'Anderlecht): sans le vouloir, la route de Koen Galle semblait toute tracée. "J'ai toujours eu une attirance pour Bruxelles." Aujourd'hui, le néo-trentenaire tient notamment la barre de 22 Tracks Bruxelles, sorte de cartographie musicale de la ville, écoutable en streaming. Pour en parler, Koen Galle reçoit chez lui, un joli petit appartement qu'il loue du côté de Schuman, à quelques centaines de mètres du Berlaymont. "Pas précisément le quartier le plus authentiquement bruxellois, j'en conviens", s'amuse-t-il. "En fait, on a d'abord loué un an et demi en plein centre-ville, rue des Pierres. L'appartement était super, le coin était cool -en tant que voisins de l'Ancienne Belgique, on recevait même des tickets gratuits pour les concerts. Mais c'était aussi extrêmement bruyant et animé, de jour comme de nuit. D'ailleurs, notre chat a fini par faire une dépression nerveuse (rires). Le vétérinaire a dû lui prescrire des calmants." Aujourd'hui, le félidé respire. Son maître a par contre un agenda de plus en plus rempli. Outre sa casquette 22 Tracks et ses activités de DJ (Kong), il est présent sur l'antenne de FM Brussel, la city radio bruxelloise flamande, ainsi que sur Studio Brussel, depuis un an. "J'y travaille deux jours semaine: je fais de la programmation, de la production et de la rédaction. Pendant l'été, je bosse sur All Areas, les directs en festival." Il vient par exemple d'assurer les 3 jours de Tomorrowland. Quinze jours auparavant, il était à Liège, aux Ardentes. "La tête d'affiche du jour était M. C'était très bizarre. Du côté flamand, c'est un nom qui ne dit rien à personne..." Vous avez dit frontière culturelle? A cet égard, le concept 22 Tracks tient presque de l'anomalie. Une exception bilingue dans un Web belge très souvent monocommunautaire. Le principe? Se faire l'idée d'une ville à travers 22 playlists concoctées par 22 DJs différents, classées par genre: house, disco, afro heat... "Le côté bilingue n'est pas vraiment un problème. Je me débrouille en français. Puis la musique reste un langage universel." En duo avec le francophone Olivier Biron, boss de l'agence de promo This Side Up, Koen Galle concocte par exemple la sélection Belpop, mélangeant groupes du sud et du nord du pays. Né aux Pays-Bas en 2009, le concept 22 Tracks a été lancé officiellement en juin 2011 à Bruxelles. "A l'époque, je travaillais pour le Radiocentrum REC à Gand. J'avais pu organiser une conférence sur le thème "Internet et créativité". J'avais notamment invité Nalden, créateur du site Wetransfer, et les fondateurs de 22 Tracks. C'est comme ça que la connexion s'est faite. J'ai directement trouvé l'idée géniale. A ce moment-là, des plateformes comme Spotify et Deezer démarraient à peine. 22 Tracks étaient un des premiers sites de streaming." Quand la base amstellodamoise pense à essaimer, Bruxelles apparaît comme une bonne ville test, à la fois proche et pas trop tentaculaire. Koen Galle va donc composer son équipe petit à petit. "J'avais toute une liste de DJs, bloggeurs, programmateurs, journalistes... Mais il y a également des gens que j'ai découverts à cette occasion. Avant qu'on me le présente, par exemple, je ne connaissais pas du tout Funky Bompa." Aujourd'hui, le DJ fidèle aux vinyles est un des piliers du juke-box en ligne bruxellois, avec sa playlist orientée "tropicale", à côté de Lefto, Murdock... Depuis, Bruxelles a été suivie par Paris et Londres. C'est la maison-mère amstellodamoise qui continue cependant d'attirer le plus de monde. "C'est là que 22 Tracks fait sa plus grosse audience. C'est logique: c'est là que l'histoire a démarré, qu'elle a reçu le maximum d'attention médiatique. Avec l'antenne bruxelloise, on peut se targuer de quelque 20 000 morceaux écoutés chaque jour. Aux Pays-Bas, 22 Tracks Amsterdam fait plus de 10 fois plus." La suite? Berlin est dans le viseur. Avant, pourquoi pas, New York ou Tokyo. "L'idée est aussi d'améliorer encore l'ergonomie du site, son accessibilité. Son impact aussi: il y a tellement de propositions sur le Net qu'il faut sans cesse pouvoir se rappeler à l'attention du public. Dans ce secteur, il n'y a pas de secret: si tu n'avances pas, tu recules." WWW.22TRACKS.COM RENCONTRE LAURENT HOEBRECHTS. PHOTO LARA HERBINIA