Minimal: né à Bruxelles, ce fils d'immigrés israéliens bosse le son à l'IAD et travaille dès l'âge de 20 ans comme DJ 3 fois par semaine, occupation " peu compatible avec des études strictes". Dessinateur-rêveur, il craque sur les contemporains à la Phil Glass/Steve Reich mais aussi sur la vague eighties et, en particulier, Minimal Compact -groupe européo-israélien des années 80- dont il choisit la première moitié du nom pour qualifier son futur style. Assez vite rassasié par le clubbing, Darko fantasme sur une avant-garde qui mêlerait musique, art video, péripéties visuelles et digitalisation tactile. Il y...

Minimal: né à Bruxelles, ce fils d'immigrés israéliens bosse le son à l'IAD et travaille dès l'âge de 20 ans comme DJ 3 fois par semaine, occupation " peu compatible avec des études strictes". Dessinateur-rêveur, il craque sur les contemporains à la Phil Glass/Steve Reich mais aussi sur la vague eighties et, en particulier, Minimal Compact -groupe européo-israélien des années 80- dont il choisit la première moitié du nom pour qualifier son futur style. Assez vite rassasié par le clubbing, Darko fantasme sur une avant-garde qui mêlerait musique, art video, péripéties visuelles et digitalisation tactile. Il y a 7 ans, il crée les soirées Statik Dancin qui popularisent en Belgique -et ailleurs- la techno minimale. Grand festival: "J'ai à la fois envie de susciter à Bruxelles un grand festival de musique qui soit reconnu internationalement et offrir des conditions d'écoute qui dépassent le club enfumé avec des gens qui renversent de la bière sur vos chaussures. J'aurais pu aller à Tour & Taxis mais comme je fréquente le Palais des Beaux-Arts et que c'est leur mission de prendre des risques, c'est à eux que je me suis adressé." Le menu du BEMF est un mix de découvertes -4 DJ's mexicains en vadrouille- et de stars confirmées, telles que James Holden du fameux label anglais Border Community . Belgitude: nourri à Tuxedomoon, à la production des Disques du Crépuscule ou de Crammed, Darko aime exploiter cet héritage dans un festival " où il y a quasiment 40 % de belges, contre 5 lors de la première édition. Notre message est: allez-y, sortez de votre trou, c'est un festival fait pour vous et par vous". On retrouve des pépites nationales, telles que le Bruxellois Cédric Stevens, révélé sous le nom d'Acid Kirk, " de retour avec un vrai projet de musique d'écoute" ou une salle "quasi programmée par le label Toys For Boys et des gens tels que Sierra Sam qui vit aujourd'hui à Berlin. Leur musique participe au développement d'une scène durable". Champ visuel: "On programme Hexstatic qui a travaillé avec Coldcut en scène et qui use son et vidéo, dans une tendance où le DJ n'est pas le seul point de focalisation d'une soirée... Il y a aussi D*Fuse, pionnier de la culture VJ, qui va présenter un film, Latitude , projet sur l'expansion des villes monté sur des faits plutôt écologiques."Néo-classique: "Une tendance intéressante: on ne parle plus de musique électronique mais de performers revenus à de vrais instruments et de vraies orchestrations. Dans cette veine néo-classique, il y a Johann Johannsson, un quadra issu de la scène islandaise aux frontières de l'expérimentation et du folk nordique, et puis aussi le Français Sylvain Chauveau qui s'amuse à déconstruire le format chanson."Live: tenus principalement dans la magnifique salle Henry le Boeuf -le plus vaste espace-, des concerts honorent l'aspect live du festival. En vedette, l'atypique Cluster, formé par les Allemands Roedelius et Moebius en 1971. Réactivé depuis 2007, le duo qui fonda aussi Harmonia (avec Michael Rother de Neu!) et travailla avec Brian Eno, est considéré comme l'une des perles de l'électronique pionnière des seventies... Les 26, 27 et 28 mars au Palais des Beaux-Artsde Bruxelles et le 27 mars à Recyclart, 25 rue des Ursulines à 1000 Bruxelles. www.bemf.be Philippe Cornet