" Depuis les travées de béton bien peu garnies du stade Roland-Garros, j'assiste à la finale des Internationaux de France de tennis qui oppose un Américain mauvais perdant à un Suédois grand seigneur, Sven Davidson, qui l'emporte avec le sourire." Outre le tennis -les chevalere...

" Depuis les travées de béton bien peu garnies du stade Roland-Garros, j'assiste à la finale des Internationaux de France de tennis qui oppose un Américain mauvais perdant à un Suédois grand seigneur, Sven Davidson, qui l'emporte avec le sourire." Outre le tennis -les chevaleresques Borg, Edberg, Wilander-, l'auteur de Mitteleuropa recense très jeune plusieurs alertes de " suédophilie chronique". Sur les pas des créateurs et personnages qui l'ont marqué, Olivier Barrot invite ainsi à une traversée fantasmée de la Suède. Un voyage sentimental où, par petites touches -une chevelure blonde, un regard azur-, le journaliste et connoisseur cherche à passer le fil de son récit par le chas du roman. Mais l'aiguille s'égare parmi les futaies de pins vert sombre. Il évoque forcément Bergman, Liv Ulmann, Anita Ekberg et Greta Garbo. " Il ne s'agissait pas de comprendre mais d'éprouver": un tropisme septentrional, gourmand de tout, un attrait de toujours, un certain registre de l'inquiétude, aussi. " Strindberg était arrivé à la certitude que la vie réelle était l'enfer." Le temps de craquer deux allumettes, ce précis érudit qui roule à gauche chante les transports profonds d'un pays luthérien semé de lieux de culte et adepte fervent de l'expérience intérieure. " Ainsi naissent les curiosités puis les appropriations (...)" Skål!