Comment se renseigner sur l'actualité? Où aller chercher l'information quand pour certains la vérité n'est plus qu'une interprétation? Dans un monde où les faits sont sans cesse dominés, écartés, effacés par les opinions. Et sont de toutes façons -comment pourrait-il en être autrement?- perçus différemment en fonction de l'histoire de chacun. La compréhension ne peut être que dans la curiosité. Dans l'ouverture d'esprit. Dans l'au...

Comment se renseigner sur l'actualité? Où aller chercher l'information quand pour certains la vérité n'est plus qu'une interprétation? Dans un monde où les faits sont sans cesse dominés, écartés, effacés par les opinions. Et sont de toutes façons -comment pourrait-il en être autrement?- perçus différemment en fonction de l'histoire de chacun. La compréhension ne peut être que dans la curiosité. Dans l'ouverture d'esprit. Dans l'autre point de vue. Merrill Garbus suit sur les réseaux sociaux des activistes et des personnalités du monde associatif. Elle regarde ce qui se dit sur la chaîne d'information à destination du monde arabe Al Jazeera. Et tient à l'oeil ce qui se passe sur Black Twitter. " Réseau de personnes partageant la même expérience culturelle, qui discutent de ce que c'est que d'être un Noir et de tout ce qui a trait à sa vie quotidienne", selon Meredith D. Clark qui lui a consacré une thèse, Black Twitter ne cesse de militer à coups de hashtags pour la justice sociale et contre le racisme. " Leur cadre de référence est parfois difficile à entendre. Mais je le veux, clame la chanteuse de Tune-Yards. Je veux être confrontée à des perspectives qui aident à déstabiliser cette suprématie blanche et son socle. Vivre dans le monde en tant que Blanc te poussera toujours à penser qu'un tas de choses sont normales. Je dois aller voir ailleurs, tourner mon visage dans la direction opposée pour comprendre que tout sur cette terre est mis en place pour moi." Merril Garbus n'est pas accro à l'info. " Je vis très bien sans les news fraîches du matin. C'est souvent Nate qui me tient au courant de ce qui se passe. Quand on écrivait l'album, j'éteignais mon téléphone. Je le gardais en mode avion jusqu'à 4 heures de l'après-midi. Tu as de nouvelles tragédies tous les jours. Et c'est dangereux de regarder la Une de l'actualité, parce que tu as ce truc systémique qui se cache derrière toute l'information. Même quand on parle de nos journaux les plus sérieux comme le New York Times, le New Yorker et le Washington Post... Ces publications doivent comprendre que tout ce qu'elles racontent vient d'une perspective très spécifique et ethnocentrée."