"Tribal Rites"

De Bill Brewster, on connaît d'abord et avant tout la somme Last Night, a DJ Saved My Life. Un livre pondu à quatre mains avec Frank Broughton, et qui, près de 20 ans après sa première parution, reste probablement le meilleur ouvrage jamais écrit sur l'Histoire de la dance music et de la club culture. Alors que sa traduction en français p...

De Bill Brewster, on connaît d'abord et avant tout la somme Last Night, a DJ Saved My Life. Un livre pondu à quatre mains avec Frank Broughton, et qui, près de 20 ans après sa première parution, reste probablement le meilleur ouvrage jamais écrit sur l'Histoire de la dance music et de la club culture. Alors que sa traduction en français paraît aujourd'hui pour la première fois (aux éditions du Castor astral), Brewster -journaliste, patron de label et DJ lui-même- sort ce qui est présenté comme une "autobiographie" musicale. Soit une plantureuse compilation, intitulée Tribal Rites, sur le label (belge) Eskimo, et proposant une bonne quarantaine de titres. Pas question ici d'aligner les évidences disco-techno-house. Brewster préfère ressortir des morceaux plus obscurs, curiosités réparties sur trois CD, pour autant de chapitres différents. Le premier, baptisé "Post-punk", commence par s'attarder encore un instant sur le rock (le trip acid chrétien du groupe Agape, le rock mutant de Urang Otan) pour glisser petit à petit vers le dub (la version du classique Caravan par Reggae 65) et la new wave. Le second volet, marqué "Balearic", démarre par la chanteuse Bobbie Gentry en mode slow disco, ose plus loin une version country du I Can't Go for That d'Hall & Oates, avant de laisser Floyd Beck déclarer que Party Is the Solution. Enfin, le troisième et dernier chapitre, tagué "House", se consacre plus franchement aux sonorités électroniques qui ont succédé au disco, de la techno de Maurizio à la deep house de Clifton King. L'arc musical tendu par Bill Brewster possède ainsi cette qualité de se révéler pointu, mais toujours dansant. érudit, mais jamais pompeux.