Le premier volet de cette série allemande qui prend pour cadre le Berlin de l'immédiat après-guerre racontait le fragile vernis de modernité posé sur un pays scarifié par des années d'un nazisme pas complètement digéré ni éradiqué. Trois ans après Berlin 56, Berlin 59 suit sur le mê...

Le premier volet de cette série allemande qui prend pour cadre le Berlin de l'immédiat après-guerre racontait le fragile vernis de modernité posé sur un pays scarifié par des années d'un nazisme pas complètement digéré ni éradiqué. Trois ans après Berlin 56, Berlin 59 suit sur le même mode le destin des soeurs Schöllack (Monika, Helga et Eva) et de leur mère Caterina, rythmé par le salon de danse familial, l'arrivée du rock, l'âge d'or de la télévision et le miracle économique ouest-allemand, corseté par les vieilles valeurs tenaces et hypocrites. Monika, feu follet féministe et victime expiatoire de ses propres désirs d'émancipation, poursuit une carrière d'artiste avec son compagnon musicien Freddy. Son âpre résistance face au patriarcat se fraie un chemin auprès de ses soeurs, dont le désir d'indépendance émerge peu à peu, dans un contexte de réindustrialisassion massive, d'émergence d'une société de consommation insouciante et de pérennité des bonnes valeurs familiales. Les fantômes (politiques ou personnels) ne sont jamais loin dans une société allemande en pleine rémission et déjà divisée. Écrite avec soin, reconstituant de manière un peu trop muséale l'ambiance du Berlin-Ouest à l'aube des années 60, Berlin 59 offre un regard contrasté sur la génération inaugurale des Trente Glorieuses.