Il est arrivé comme une bonne surprise en 2018, orné d'une double récompense aux Emmys pour son acteur Bill Hader (un ancien du Saturday Night Live) et le second rôle Henry Winkler (Fonzie de Happy Days). Barry est le récit d'une transition professionnelle atypique et rocambolesque, celle d'un assassin redoutable, mé...

Il est arrivé comme une bonne surprise en 2018, orné d'une double récompense aux Emmys pour son acteur Bill Hader (un ancien du Saturday Night Live) et le second rôle Henry Winkler (Fonzie de Happy Days). Barry est le récit d'une transition professionnelle atypique et rocambolesque, celle d'un assassin redoutable, méticuleux et froid (Hader) qui réalise contre toute attente que sa réelle vocation est de devenir acteur. Il se retrouve, à l'occasion d'un quiproquo digne d'un film de Jerry Lewis, dans le cours de théâtre de Gene (superbe Henry Winkler), et se débarrasse de la menace que faisaient peser sur lui la pègre et l'inspectrice Janice Moss. L'histoire, qui délivre une double satire d'Hollywood et de l'archétype de l'anti-héros, appuyée par l'époustouflante palette dramatique d'Hader, aurait pu s'arrêter là. Mais le succès appelait une nouvelle saison. Barry y poursuit son rêve et prend les rênes de son groupe de théâtre suite à la dépression de Gene. Les deux personnages tentent de gérer leurs démons intérieurs (douleur, culpabilité) au long d'un chemin de croix pavé d'humour noir. Très noir. Mais le contraste entre le drôle et le drame, qui faisait le sel de la saison précédente, s'est un peu évaporé, laissant la plupart de la charge comique aux seconds rôles (notamment Anthony Carrigan dans le rôle de Noho, le contact de Barry au coeur de la mafia tchétchène) et à une collection de gags efficaces qui agissent comme des flotteurs dans l'eau trouble de la tragicomédie.