Stanley Kubrick, obsédé de contrôle et conscient qu'une projection non optimale peut gâcher la vision d'un film, exigea qu'une salle belge appelée à projeter Barry Lyndon fasse repeindre ses murs en noir. His...

Stanley Kubrick, obsédé de contrôle et conscient qu'une projection non optimale peut gâcher la vision d'un film, exigea qu'une salle belge appelée à projeter Barry Lyndon fasse repeindre ses murs en noir. Histoire d'assurer le rendu d'une oeuvre contenant des séquences éclairées à la seule lueur de bougies, comme à l'époque de l'action. C'est au XVIIIe siècle, en effet, que se déroule le récit du roman de Thackeray adapté par le cinéaste américain. Ryan O'Neal joue ce Barry Lyndon, jeune intrigant plein d'ambition et dépourvu de scrupules, dont l'ascension puis la déchéance sont au coeur du film. Kubrick signe une réalisation absolument superbe, tournant intégralement en lumière naturelle (un fameux défi pour le chef opérateur John Alcott, qui recevra un des quatre Oscars attribués au film). La réussite est totale, le spectacle admirable, fascinant, avec un regard sans tabou ni complaisance envers les splendeurs de l'Ancien Régime.