Au c£ur de la tourmente, précisément. Rarement, sans doute, Festival de Cannes est-il apparu à ce point en prise sur une actualité brûlante, multipliant les échos d'un monde alignant les stigmates de la crise, morale, écologique, ou financière, et avec eux, ceux d'une angoisse, bien palpable désormais... Quand bien même aurait-il voulu s'y soustraire que les éléments se seraient chargés de le ramener à la réalité: d'un tsunami, à l'échelle de la Méditerranée s'entend, aux énièmes effets d'une éruption islandaise, ayant laissé craindre pour le couloir aérien amenant directement les stars de la planète cinéma vers ce havre de glamour, on n'avait pas le souvenir d'une édition engagée sous des auspices aussi moroses; jusqu'aux dieux du Septième art qui semblaient s'être détournés de la Croisette, privée de quelques poids lourds annoncés. Magie du cinéma, et d'une sélection mieux balancée qu'il n'y paraissait de prime abord: entamé sur des bases fort improbables, ce 63e Festival n'a pas tardé, pourtant, à trouver ses marques; mieux même, l'incertitude de l'époque a, de toute évidence, servi d'aiguillon à l'inspiration de nombreux cinéastes.
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