DOCUMENTAIRE DE LUC JABON.

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À l'heure de coucher ces lignes, l'on ne sait si Joachim Lafosse sera, cette semaine, à nouveau récompensé pour son travail aux Magritte du cinéma belge. Ce que l'on peut par contre affirmer c'est que, judicieusement, le réalisateur d'à peine quarante ans est, après des figures tutélaires comme Jaco Van Dormael, Chantal Akerman, Bouli Lanners, Thierry Michel ou les frangins Dardenne, célébré comme il se doit dans la série Cinéaste d'aujourd'hui, amorcée par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Lafosse, ce n'est pas un mystère, se plaît à explorer la question des limites. Cette détermination à se saisir de la sombre affaire Geneviève Lhermitte pour en faire la matière de son film À perdre la raison, n'en est que plus cohérente et légitime. "Si je suis animé de violence, mes films en témoignent, je suis tout autant imprégné d'une énorme envie de pacifier". Cet irrépressible besoin de créer, conté à la coule par ses collaborateurs, est strié d'extraits choisis (attention spoilers) pour décoder le cinéma clair-obscur de Lafosse. Une aubaine.

M.U.