Michelle et moi-même continuerons de garder le peuple polonais dans nos pensées et nos prières et le supporteront de toutes les manières possibles pendant qu'il se remet de cette terrible tragédie." Barack Obama n'a donc pas pris l'avion pour l'enterrement du président Lech Kazcynski ce 18 avril. Le type le plus puissant du monde n'a pu embarquer à bord de son salon volant Air Force One pour cause de volcan de mauvaise humeur à 4500 km des Etats-Unis et 2000 de l'Europe continentale. Depuis le mercredi 14 avril, la planète bruisse des mêmes images de cendres bouillantes en colère éruptive. En reva...

Michelle et moi-même continuerons de garder le peuple polonais dans nos pensées et nos prières et le supporteront de toutes les manières possibles pendant qu'il se remet de cette terrible tragédie." Barack Obama n'a donc pas pris l'avion pour l'enterrement du président Lech Kazcynski ce 18 avril. Le type le plus puissant du monde n'a pu embarquer à bord de son salon volant Air Force One pour cause de volcan de mauvaise humeur à 4500 km des Etats-Unis et 2000 de l'Europe continentale. Depuis le mercredi 14 avril, la planète bruisse des mêmes images de cendres bouillantes en colère éruptive. En revanche, on n'a vu aucune photo d'Obama faisant le pied de grue devant les écrans météos. Aucun cliché de Michelle empêchée de préparer ses Vuitton pour le mini trip polonais. Ces images de l'impuissance ne font pas partie de l'information. Elles existent peut-être: la Maison Blanche a ses photographes attitrés mais pour l'instant, cette histoire immédiate n'est pas disponible. Cela arrange peut-être bien Barack de ne pas se taper un enterrement européen mais la géopolitique n'attend pas: le président russe Dmitri Medvedev s'est débrouillé, lui, pour faire atterrir son avion en Pologne. Même si le trajet est plus court, le symbole est lourd: comme un remake de belle Guerre Froide, les Ruskofs ont damné le pion aux Yankees. Dans ces moments-là, on se repasse le film de l'action: il y a 15 mois, un gratin musical -Aretha Franklin, Mary J. Blige, Bruce Springsteen- chante l'inauguration de la présidence d'Obama au National Mall de Washington DC. Mais le tube de circonstance, l'hymne national Star-Spangled Banner, est interprété par un rigoureux ch£ur de la Navy... On est assez loin de Jimi Hendrix -autre symbole black- arrosant le Star de guitares napalmisées à Woodstock 4 décennies auparavant. Reste que contrairement aux hymnes anglais, français ou belge, le Star est une vieille dame -le texte date de 1814- qui ne cesse d'être réadaptée dans des formats soul, pop ou rock. Et ce, depuis 1968, et une première version popu osée par José Féliciano. La partition devenue hymne national en 1931 est entrée à 2 reprises dans le Top US via la version satinée de Whitney Houston: en 1991, à l'occasion de la première Guerre du Golfe (numéro 20), et en 2001, suite aux attaques du 11 septembre (numéro 6). Régulièrement diffusé lors d'événements populaires US, Super Bowl ou finale de NBA, on ne compte plus les audacieux qui se frottent à la difficulté de l'air, exigeant une octave et demie de tessiture vocale. Pas étonnant que dans cette reprise casse-gueule, les chanteuses r & b prolifèrent: Mary J. Blige, Aretha Franklin, Monica, Brandy, Beyoncé ou encore Mariah Carey l'ont tentée. Mais la plus formidable performance jamais entendue de la chose, on la doit à Marvin Gaye qui, à 2 reprises, en 1979 et 1983, transforme en direct à la télévision américaine la déclaration nationaliste en fascinante anthologie funky. Merci YouTube de relayer aussi cette Amérique-là. l LA CHRONIQUE DE PHILIPPE CORNET