Le 11 novembre 1918, le monde pousse un soupir de soulagement en sortant de l'effroyable conflit démarré quatre ans plus tôt. Il ne se doute pas qu'il va tomber de Charybde en Scylla. " La guerre était finie... Mais elle n'était pas finie! Seulement, nous ne le savions pas" , témoig...

Le 11 novembre 1918, le monde pousse un soupir de soulagement en sortant de l'effroyable conflit démarré quatre ans plus tôt. Il ne se doute pas qu'il va tomber de Charybde en Scylla. " La guerre était finie... Mais elle n'était pas finie! Seulement, nous ne le savions pas" , témoigne l'écrivain Stefan Zweig alors que le carnage débouche sur un nouvel ordre mondial. Dans un registre désormais ultra connu, Isabelle Clarke et Daniel Costelle font défiler les images d'époque restaurées, colorisées, bruitées, ralenties pour donner l'impression de réel, avec Mathieu Kassovitz en voix off. Avec un effet de dramatisation qui laisse peu de place à la réflexion historique au profit d'une litanie de constats effroyables et de catastrophes en devenir: oui, la souffrance, le ressentiment, le trauma se sont vite matérialisés dans des politiques revanchardes. En 1919, le traité de Versailles a accouché d'une mosaïque de pays émaillés d'enclaves d'où vont germer les conflits futurs du XXe siècle, d'ouest en est. Le morcellement des empires austro-hongrois, germaniques, britanniques et ottomans, des Balkans au Proche-Orient, signe le début de conflits sans fin. La SDN demeurera impuissante et la peur du communisme fera pousser les hydres fascistes et nazies. Mais la période méritait mieux qu'un déterminisme historique gavé de nostalgie et de partis pris.