"(Willisau) 1991 Studio"

La moitié d'un des chefs-d'oeuvre absolus de l'histoire discographique du jazz par celui qui reste l'un de ses plus grands créateurs en activité. Pourquoi la moitié? Parce que l'original comprenait quatre galettes divisées entre enregistrements studio et captation live, al...

La moitié d'un des chefs-d'oeuvre absolus de l'histoire discographique du jazz par celui qui reste l'un de ses plus grands créateurs en activité. Pourquoi la moitié? Parce que l'original comprenait quatre galettes divisées entre enregistrements studio et captation live, alors que nous n'avons le droit, pour l'instant, qu'aux premiers cités. Si, comme l'écrit Graham Lock dans les notes du livret, les compositions de Braxton cherchent à " étendre la tradition" et non " la répéter ad nauseam", leur interprétation confère à certaines d'entre elles une dimension presque narrative rare chez le multi-instrumentiste (lequel, outre l'alto, joue du sopranino, de la clarinette, de la clarinette basse et de la flûte), brûlant le reste au feu d'un expressionnisme qui voit le quartette (Gerry Hemingway, batterie, Mark Dresser, basse, Marylin Crispell, piano) surfer sur les crêtes de l'abstraction en géniaux équilibristes qu'ils sont. La tradition évoquée est, bien sûr, celle de la musique afro-américaine appelée jazz et cela sans exclusive quant à la couleur de peau des musiciens, même si Braxton célèbre ouvertement ici le "continuum trans-African" tel que Charles Mingus et Ornette Coleman en dessinèrent les contours. Comme à son habitude, quelques titres sont dédicacés par le maître, dont un à son cher Warne Marsh.