C'est l'affaire judiciaire qui a tenu l'Amérique en haleine pendant plus d'un an. En 1994, la mise en accusation d'O.J. Simpson, champion de football américain, acteur, célébrité adulée, pour le meurtre de son ex-femme Nicole Simpson et de son ami Ronald Goldman a mis en branle le plus grand cirque médiatico-judiciaire de l'Histoire. Une f...

C'est l'affaire judiciaire qui a tenu l'Amérique en haleine pendant plus d'un an. En 1994, la mise en accusation d'O.J. Simpson, champion de football américain, acteur, célébrité adulée, pour le meurtre de son ex-femme Nicole Simpson et de son ami Ronald Goldman a mis en branle le plus grand cirque médiatico-judiciaire de l'Histoire. Une fuite du suspect sur l'autoroute filmée par hélico et suivie en direct par 90 millions d'Américains, un procès surmédiatisé, avec son lot de rebondissements et de fiascos. Un verdict qui n'a couronné d'aucun apaisement cette affaire révélatrice de tous les maux de l'Amérique. En s'attaquant à ce moment significatif, les créateurs de cette série anthologique ont certes réussi une brillante reconstitution des événements, mais ils ont surtout mis en exergue les question et les lignes de fractures qui traversent aujourd'hui encore le pays: violence envers les femmes, racisme, emprise du storytelling et de la téléréalité, conflits d'intérêts, tyrannie de l'apparence et course à la célébrité. Ce procès hors norme a défié le rapport entre fiction et réalité, mis en compétition des preuves accablantes pour Simpson et le racisme ostensible des forces de police de L.A.. Scott Alexander et Larry Karaszewski en ont fait une série aussi hors norme, par son casting prestigieux (où trône Sarah Paulson, superbe de fragilité contenue dans le rôle de l'implacable procureure Marcia Clark) et sa mise en scène minutieuse secouée d'incessants rebondissements dramatiques, de joutes verbales tendues et de mensonges banalisés.