Les festivals internationaux se le disputent, et il sillonne le monde au fil des projections de Pulsar. Alex Stockman est un cinéaste heureux, dont le nouveau film vient confirmer les promesses de son premier long métrage, Verboden te zuchten. Celui qui officia comme critique de rock et de cinéma (pour le magazine Humo) a bien vécu le passage que, bien avant lui, les jeunes loups de la Nouvelle Vague française avaient si brillamment réussi. Son Pulsar ( lire la critique page 31) épingle l'importance de la technologie dans nos vies,...

Les festivals internationaux se le disputent, et il sillonne le monde au fil des projections de Pulsar. Alex Stockman est un cinéaste heureux, dont le nouveau film vient confirmer les promesses de son premier long métrage, Verboden te zuchten. Celui qui officia comme critique de rock et de cinéma (pour le magazine Humo) a bien vécu le passage que, bien avant lui, les jeunes loups de la Nouvelle Vague française avaient si brillamment réussi. Son Pulsar ( lire la critique page 31) épingle l'importance de la technologie dans nos vies, et les dérives qui l'accompagnent, avant de célébrer la capacité de l'humain à réinventer des modes de communication moins invasifs et aliénants. L'idée du film est venue à Stockman de son " étonnement devant l'ampleur et l'accélération de l'importance des formes high tech de communication dans nos vies." " Je suis assez jeune pour utiliser moi-même beaucoup ces technologies, mais aussi assez vieux pour avoir connu le monde pré-digital", explique le réalisateur, qui avoue avoir voulu lancer " une sorte de mise en garde contre ce qu'il y a derrière ces produits qui sont aussi des outils de mise à distance, d'isolement, de contrôle: Big Brother est là, et non seulement nous l'aidons à étendre son empire, mais nous le faisons avec le sourire. Nous ouvrons toute notre vie privée! Un vrai rêve réalisé pour le marketing... en attendant pire..." " Dans la vie comme pour filmer, dans les relations comme avec une caméra, il faut savoir garder la bonne distance, déclare le cinéaste. Aujourd'hui, on peut contacter quelqu'un à tout instant, et même s'infiltrer dans sa vie, ce qui rend les choses de plus en plus difficiles. Pour le film, j'ai voulu être proche et solidaire de Sam, jusqu'à nous faire partager son imaginaire, mais en même temps j'ai eu recours à des procédés d'éclairage, des mouvements de caméra, qui suggèrent la présence d'un témoin dans l'appartement, quelqu'un d'autre qui observe le personnage joué par Matthias Schoenaerts... " Ce dernier interprétant remarquablement un héros à la fois charismatique et proche de la vie quotidienne, un gars de tous les jours plutôt sympa, plongé dans des circonstances très particulières. La vie festivalière intense de Pulsar " prouve que le film touche quelque chose d'universel, tout en venant... de Belgique et en étant tout de même atypique dans la forme", commente Alex Stockman. " Je crois que le thème de l'obsession du high tech est tellement partagé dans le monde que le sujet de Pulsar éveille l'intérêt un peu partout, poursuit-il, et c'est super chouette car quand tu fais un film, tu n'as pas idée de qui il va pouvoir toucher. " A chaque nouvelle projection (de Locarno à Palm Springs en passant par Rotterdam, pour ne citer que 3 festivals majeurs), le réalisateur belge ressent " cetteémotion très spéciale d'avoir pu partager quelque chose de fort avec les spectateurs." Il serait dommage que le public d'ici, auquel Pulsar sera proposé dès mercredi prochain, interrompe cette histoire d'amour cinéphile... l LOUIS DANVERS