Aki Kaurismäki s'est imposé, en une trentaine d'années et une petite vingtaine de longs métrages, comme l'une des voix les plus singulières du cinéma contemporain. Si le cinéaste finnois est le digne héritier de Robert Bresson, il a aussi imposé un style n'appartenant qu'à lui, fait notamment de minimalisme, de laconisme bur...

Aki Kaurismäki s'est imposé, en une trentaine d'années et une petite vingtaine de longs métrages, comme l'une des voix les plus singulières du cinéma contemporain. Si le cinéaste finnois est le digne héritier de Robert Bresson, il a aussi imposé un style n'appartenant qu'à lui, fait notamment de minimalisme, de laconisme burlesque et d'humour à froid. Le tout, au service d'un regard généreux sur les fragilisés et les humbles de ce monde -ainsi, tout récemment encore, avec The Other Side of Hope, Ours d'argent à Berlin, voyant un réfugié syrien trouver asile chez un restaurateur finlandais, en quelque solidarité réinventée; manière implicite, aussi, de critiquer la politique d'immigration européenne. Flagey lui rend, jusque fin mai, un hommage bienvenu, à travers une rétrospective de ses films, mais aussi une exposition. Soit l'occasion de redécouvrir certaines de ses fables humanistes, comme Le Havre, L'Homme sans passé ou Au loin s'en vont les nuages, que suivra ce vendredi une conférence sur son art particulier. Mais aussi l'opportunité de se plonger dans les coulisses de son oeuvre avec l'exposition Les Acteurs d'Aki, réunissant les portraits tirés par Philippe Debroe des interprètes de ses films, les Kati Outinen, Kari Väänänen, Sakari Kuosmanen et autre Markku Peltola habitant l'oeuvre de Kaurismäki de leur présence mélancolique. Soit une galerie de portraits originale, puisque l'artiste a décidé de les photographier en dehors des plateaux de tournage, les atmosphères, les poses et les décors choisis instruisant un dialogue avec l'univers du cinéaste.