On n'attend plus de Woody Allen qu'il signe les Annie Hall, Manhattan ou autre Zelig qui ont fait sa réputation. Mais s'il évolue désormais le plus souvent en roue libre, le réalisateur new-yorkais connaît néanmoins, depuis quelques années, un regain sensible d'inspiration, ayant résulté en une poignée de films tout à fait apprécia...

On n'attend plus de Woody Allen qu'il signe les Annie Hall, Manhattan ou autre Zelig qui ont fait sa réputation. Mais s'il évolue désormais le plus souvent en roue libre, le réalisateur new-yorkais connaît néanmoins, depuis quelques années, un regain sensible d'inspiration, ayant résulté en une poignée de films tout à fait appréciables, les Blue Jasmine, Café Society ou A Rainy Day in New York qui balisent sa filmographie des années 2010. Rien de bien neuf dans le ciel allénien lorsque Gatsby (Timothée Chalamet) et Ashley (Elle Fanning), deux étudiants de Yardley, arrivent à Manhattan pour y passer un week-end de rêve en amoureux. Un projet qui prend toutefois l'eau rapidement -la météo, mais pas que-, le temps pour la candide jeune fille de faire l'interview de Rolland Pollard (Liev Schreiber), un réalisateur tendance, et de se voir proposer une projo privée de son nouveau film; la première d'une série de péripéties et de rencontres fortuites semblant n'avoir d'autre finalité que de mettre les deux jeunes gens et leur relation à l'épreuve. Woody Allen est ici en terrain de marivaudage familier, qu'il assortit de ses habituelles considérations sur l'existence, passées au crible de références diverses. À défaut de surprendre, A Rainy Day in New York bénéficie d'une écriture enlevée, légère, mais avec aussi ce qu'il faut de causticité jubilatoire, et de la fraîcheur de ses deux interprètes principaux. Sans oublier la cinématographie inspirée de Vittorio Storaro, venue envelop per cette comédie romantique de teintes discrètement mélancoliques.