Métisse
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Métisse AVEC JULIE MAUDUECH, HUBERT KOUNDÉ, MATHIEU KASSOVITZ. 1 H 31. DIST: RTBF. 7 La Haine AVEC VINCENT CASSEL, HUBERT KOUNDÉ, SAÏD TAGHMAOUI. 1 H 33. DIST: RTBF. 8 Assassin(s) AVEC MICHEL SERRAULT, MATHIEU KASSOVITZ, MEHDI BENOUFA. 2 H 07. DIST: RTBF. 7 L'Ordre et la morale AVEC MATHIEU KASSOVITZ, IABE LAPACAS, MALIK ZIDI. 2 H 09. DIST: RTBF. 6 Au nom de Mathieu Kassovitz est associé, automatiquement, le souvenir de La Haine, son film le plus remarquable et le plus remarqué avec ses trois César (dont celui du meilleur film) et son prix de la mise en scène au Festival de Cannes. Deuxième long métrage d'un réalisateur de 28 ans seulement, cette oeuvre visionnaire sur la bombe à retardement des banlieues n'a rien perdu de son formidable impact. Présenté en version restaurée dans le coffret "prestige" consacré à son auteur, La Haine percute dès sa scène d'ouverture, où un corps tombe d'un immeuble sur une voix off énonçant une phrase ironique devenue culte: "Jusqu'ici, tout va bien..." Vincent Cassel se révèle avec force dans cette chronique d'une explosion annoncée, nourrie par la perte d'une arme de policier que récupère un jeune prêt à tout. Mais si La Haine reste à ce jour son film le plus significatif et le plus réussi, les trois autres films réunis dans le coffret méritent également l'attention. A commencer par Métisse, premier long métrage d'un Kassovitz s'étant révélé dans le court avec l'inénarrable Fierrot le pou. Comme souvent par la suite, notre homme est à la fois présent derrière et devant la caméra. Dans un Métisse où l'influence du Spike Lee de She's Gotta Have It est patente, il est un des deux amants de Lola, jouée par Julie Mauduech... dont il fera sa femme dans la vie réelle! La fille de 18 ans oscille entre Félix (Kassovitz) et Jamal (Hubert Koundé, qu'on retrouvera dans La Haine), tant et si bien qu'une fois enceinte se posera la double question de savoir lequel des deux veut assumer, et lequel des deux est le père biologique du futur bébé. Le ton est à la comédie réaliste, le propos célèbre le métissage avec une ferveur communicative. Tourné juste après La Haine, Assassin(s) mérite d'être redécouvert. Kassovitz y dirige et y donne la réplique à un grand Michel Serrault dans un récit criminel où un tueur à gages s'approchant de la retraite choisit un jeune qui lui semble apte à lui succéder dans la "carrière". Un contexte très particulier, où il sera paradoxalement question de morale. Un élément qu'on retrouve dans le quatrième film du coffret et dernière réalisation en date du cinéaste. Des événements réels et tragiques, survenus en Nouvelle-Calédonie au printemps de 1988, inspirent L'Ordre et la morale. Sur fond de manipulation politique (ce sont les élections présidentielles), on y voit un capitaine du GIGN -joué par Kassovitz- tenter d'empêcher l'issue violente d'une prise d'otages par des indépendantistes kanaks. Un film révolté trop démonstratif, mais qu'habite une tension palpable. LOUIS DANVERS