Les chiffres parlent d'eux-mêmes! Depuis le 22 juin 1967, date de l'arrêté royal instaurant la Commission de Sélection des Films, pas moins de 1638 films ont reçu le soutien de cette dernière. En détails: 315 longs métrages, 704 courts, 563 documentaires et 56 oeuvres expérimentales (baptisées "films lab"). Pour fêter le cinquantième anniversaire d'une initiative porteuse et même à plus d'un titre décisive dans le développement d'un cinéma belge francophone de -grande- qualité, les responsables de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont préféré aux raideurs d'une commémoratio...

Les chiffres parlent d'eux-mêmes! Depuis le 22 juin 1967, date de l'arrêté royal instaurant la Commission de Sélection des Films, pas moins de 1638 films ont reçu le soutien de cette dernière. En détails: 315 longs métrages, 704 courts, 563 documentaires et 56 oeuvres expérimentales (baptisées "films lab"). Pour fêter le cinquantième anniversaire d'une initiative porteuse et même à plus d'un titre décisive dans le développement d'un cinéma belge francophone de -grande- qualité, les responsables de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont préféré aux raideurs d'une commémoration pompeuse une opération bien concrète de rediffusion de 50 films. 50 films pour 50 ans. 50 films qu'un vaste programme de projections (auquel la Cinematek, Bozar et Flagey sont notamment associés de près) étalées sur un an va remettre en pleine lumière. Encore fallait-il choisir les oeuvres à ainsi honorer. Allait-on constituer un jury formé de connaisseurs (historiens, critiques, représentants de la Commission), chargé d'opérer une sélection? Que nenni! L'administration a préféré choisir elle-même les heureux élus... Une manière particulière que quelques esprits frondeurs jugeaient, en riant sous cape, plus proche de la Corée du Nord que d'une démocratie éclairée... La sélection n'est néanmoins pas trop critiquable, même si certaines absences (dont celles de Raoul Servais pour l'animation et de Richard Olivier pour le documentaire) peuvent apparaître injustes. Il y aurait forcément, vu le nombre et la qualité d'ensemble, quelques absents de marque pour seulement 50 élus. C'était inévitable, même si un peu cruel. 20 longs métrages, 15 courts métrages et 15 films documentaires figurent donc dans la fameuse liste, et la plupart le méritaient. Pas tous, mais l'heure n'est pas à la polémique, même si on remarque une certaine priorité donnée à des oeuvres plutôt récentes par rapport à une mémoire profonde peut-être ignorée de certains décideurs. D'André Delvaux à Joachim Lafosse en passant par Chantal Akerman, Jaco Van Dormael, Thierry Knauff, les frères Dardenne ou Thierry Michel, tous les grands sont là. Et la liste a de quoi rendre fiers ceux et celles qui ont aidé la création cinématographique à se développer d'aussi belle manière. Le cinéma belge francophone s'illustre dans une mesure disproportionnée par rapport à la taille très modeste de l'espace et de la population concernés. Le nombre de réussites artistiques est impressionnant pour une petite communauté. Que de l'argent public ait pu servir -et serve encore- à pareil phénomène est un élément moteur qu'on ne saurait minimiser. Que la fête continue, donc! Et qu'un public jusqu'ici toujours frileux s'y joigne finalement! www. 50cinquante.be: ce site officiel, bien fait, contient entre autreS des fiches sur tous les films retenus, ainsi que la liste des projections déjà programmées (et se poursuivant jusqu'en juin 2018).