Imparable côté séries, l'offre de Netflix a par contre laissé les amateurs de cinéma sur leur faim, à de trop rares exceptions près ( Okja de Bong Joon-ho ou Annihilation d'Alex Garland). À croire toutefois que le géant américain du streaming a décidé de corriger le tir, comme en attestait la dernière Mostra de Venise où trois de ses productions étaient pr...

Imparable côté séries, l'offre de Netflix a par contre laissé les amateurs de cinéma sur leur faim, à de trop rares exceptions près ( Okja de Bong Joon-ho ou Annihilation d'Alex Garland). À croire toutefois que le géant américain du streaming a décidé de corriger le tir, comme en attestait la dernière Mostra de Venise où trois de ses productions étaient présentées en compétition. Parmi celles-là, 22 July, le dernier opus de Paul Greengrass, cinéaste connu pour la franchise Bourne, mais aussi pour ses relectures réalistes d'épisodes tragiques de l'histoire contemporaine, du Bloody Sunday ayant frappé l'Irlande du Nord le 30 janvier 1972, aux attentats du 11 septembre 2001, à l'origine de United 93. 22 July le voit revenir sur l'attaque terroriste sans précédent qui devait frapper la Norvège le 22 juillet 2011, lorsqu'un nationaliste d'extrême droite, Anders Breivik (campé par Anders Danielsen Lie), a perpétré un attentat à la voiture piégée à Oslo, avant de se livrer à un massacre sur l'île d'Utoya, cadre d'un rassemblement de jeunes progressistes, faisant 77 victimes. À l'inverse d'Erik Poppe dans le suffocant Utoya 22. juli (attendu sur nos écrans le 21 novembre), Paul Greengrass propose une vision comme "objective" des événements, s'en tenant à une reconstitution des faits et du procès qui s'ensuivit à grand renfort de grosses ficelles dramaturgiques. S'il n'est pas sans intérêt, le résultat se révèle plutôt fastidieux, le paradoxe voulant que Netflix ait choisi ce (télé)film de luxe pour inaugurer une politique de distribution de ses productions cinématographiques en salle -distribution fort limitée s'entend...