Même le plus affamé des amateurs de rap français aura eu du mal à tenir la distance. Ces dernières semaines, les sorties rap événementielles se sont en effet enchaînées à un rythme particulièrement soutenu (PNL! Roméo Elvis! Ninho!). Cette cadence infernale se poursuit avec l'arrivée du premier album "officiel" de 13 Block. C'est peu dire q...

Même le plus affamé des amateurs de rap français aura eu du mal à tenir la distance. Ces dernières semaines, les sorties rap événementielles se sont en effet enchaînées à un rythme particulièrement soutenu (PNL! Roméo Elvis! Ninho!). Cette cadence infernale se poursuit avec l'arrivée du premier album "officiel" de 13 Block. C'est peu dire que Blo était attendu. Depuis 2015, et une première apparition sur un titre de Kaaris, originaire comme eux de Sevran (en banlieue parisienne), le groupe formé par Zefor, Stavo, Zed et Sidikeey n'a cessé de faire parler de lui. Lorgnant volontiers du côté de la trap américaine, on les a régulièrement taxés de "Migos français". Si la comparaison n'est pas complètement incongrue, elle reste tout de même un raccourci un peu trop rapide. C'est ce que prouve Blo. Il résume bien la dynamique de 13 Block. Celle d'un rap hardcore qui brille dans le noir, dégainant les récits de la rue, en mode canaille. Sans vraiment chercher à éviter les écueils du genre: 13 Block passe beaucoup de temps à évoquer ses petits trafics et sa haine de la police (le morceau antiflics Fuck le 17). Sans forcément glorifier la "street" (l'excellent Ghetto), mais sans non plus relever la tête pour aller voir ailleurs ( C'est pas mon cas). Soit. L'intérêt de Blo est ailleurs. Notamment dans la capacité du quatuor à bien s'entourer (Myth Syzer, Ikaz Boi, Junior Alaprod, etc.). Et surtout à parsemer ses morceaux d'ad libs addictifs, dégainant la ligne mélodique vicieuse qui fera le tube ( Amis d'avant, Zidane, Des choses à dire). Le tout avec une énergie de groupe devenue rare dans le rap français.