1. DE JAN VROMMAN. 4 H 45. DIST: IMAGINE. - 2. DE NATHALIE BORGERS. 1 H 34. DIST: TWIN PICS. - 3. DE SIMONE BITTON. 1 H 40. DIST: TWIN PICS. - 4. DE MICHAEL WINTERBOTTOM. 1 H 30. DIST: PARADISO.
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1. DE JAN VROMMAN. 4 H 45. DIST: IMAGINE. - 2. DE NATHALIE BORGERS. 1 H 34. DIST: TWIN PICS. - 3. DE SIMONE BITTON. 1 H 40. DIST: TWIN PICS. - 4. DE MICHAEL WINTERBOTTOM. 1 H 30. DIST: PARADISO. Depuis l'origine, le travail du documentariste a simultanément exploré la voie du témoignage, filmant le réel pour en fixer les beautés comme les horreurs, le sens et la mémoire, et celle de l'engagement, où à la relation de la réalité se superpose un discours social et forcément aussi plus ou moins politique. Les hasards de la distribution font paraître aujourd'hui 4 exemples de cette veine engagée, aspirant à témoigner des choses pour créer de la prise de conscience, appeler à réagir. Les DVD dont il est question ici offrent un vaste panorama des possibilités d'un genre plus vivant que jamais. Tant que chanteront les constructeurs de navires nous narre, en 2 DVD sertis dans un élégant coffret, l'histoire du chantier naval Boelwerf, à Tamise. De sa création en 1829 à sa faillite définitive au milieu des années 70, en passant par ses décennies fastes, la crise du secteur et les luttes sociales ayant marqué singulièrement cette entreprise devenue symbole comme ont pu l'être aussi Cockerill et Renault Vilvorde, ou plus récemment encore Opel Anvers. Cette remarquable chronique enrichit l'histoire industrielle belge d'un apport majeur, tant par la richesse de la documentation et des témoignages réunis que par les résonances d'une saga économique et sociale épinglant les dérives d'un certain capitalisme et de l'utilisation des deniers publics, sur fond d'attachement à un travail faisant sens et de mondialisation imposant sa loi en faisant dans nos sociétés quantité de perdants. Cette même globalisation, et ses stratégies capitalistiques cyniques, sont parmi les cibles principales du très politiquement engagé The Shock Doctrine. Le prolifique Michael Winterbottom y reprend les thèses de la journaliste et activiste canadienne Naomi Klein, laquelle voit et dénonce une logique implacable qui mènerait des méthodes d'intimidation psychologiques expérimentées durant la guerre froide aux attaques des tours du World Trade Center le 11 septembre 2009 en passant par le coup d'état de Pinochet au Chili et la chute du communisme. Un discours intéressant mais simplificateur, totalisant et très manichéen, que le film nous ressert sans distance ni nuance (même si Klein trouve à y redire), sur le mode de la démonstration pure et simple et sans aucune dialectique puisqu'il n'oppose -même pas brièvement- aucune antithèse à la thèse qu'il développe... Simone Bitton aborde de manière plus fouillée, à la manière d'une enquête, son Rachel qui retrace les faits menant à la mort (en 2003) d'une jeune pacifiste américaine s'opposant aux bulldozers israéliens dans la bande de Gaza. Et si Vents de sable, femmes de roc sollicite un peu la parole des femmes Toubou parties en caravane, et qui parfois rêvent d'une existence plus libre, voire indépendante, le regard y est ouvert à la beauté comme à la révolte, confirmant aussi le pouvoir de témoigner qu'a le documentaire quand il ne formate pas l'humanité qu'il scrute. LOUIS DANVERS