(1) DE ALFRED HITCHCOCK, AVEC JAMES STEWART, GRACE KELLY, THELMA RITTER. 1954. DIST: UNIVERSAL.
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(1) DE ALFRED HITCHCOCK, AVEC JAMES STEWART, GRACE KELLY, THELMA RITTER. 1954. DIST: UNIVERSAL. (2) DE ALFRED HITCHCOCK, AVEC KIM NOVAK, JAMES STEWART, BARBARA BEL GEDDES.1958. DIST: UNIVERSAL. (3) DE ALFRED HITCHCOCK, AVEC TIPPI HEDREN, ROD TAYLOR, JESSICA TANDY, 1963. DIST: UNIVERSAL. Le catalogue Alfred Hitchcock est décidément inépuisable: quelques mois après Psycho, objet d'une édition Blu-ray de référence pour son 50e anniversaire, 3 autres classiques du maître bénéficient d'éditions spéciales en 2 DVD, histoire d'assortir les films, impérissables, d'un maximum de compléments; de quoi, en tout état de cause, ravir les fans comme les profanes. Réalisés entre 1954 et 1963, Rear Window, Vertigo et The Birds correspondent à l'une des périodes les plus fécondes de celui que l'on appela le maître du suspense. Hitchcock est alors au sommet de son inspiration, et les 2 premiers films sont même des chefs-d'£uvre absolus. Rear Window nous introduit dans l'appartement d'un photographe de presse (James Stewart) qu'un accident a contraint à l'immobilité. Tuant le temps en épiant les faits et gestes de ses voisins de sa fenêtre, il acquiert un jour la conviction que l'un d'eux a tué sa femme. L'ingéniosité de Hitchcock fonctionne ici à plein, pour un film qui déploie sa trame dans un décor unique, dont il exploite toutes les ressources non sans installer le spectateur dans le siège du voyeur à mesure qu'il s'identifie à Stewart -circonstances épicées par la romance contrariée unissant ce dernier à Grace Kelly. Du grand art, assurément, et un film servi notamment avec un documentaire de référence réalisé par le spécialiste en la matière, Laurent Bouzereau. Le plus psychanalytique et le plus poétique des films d'Hitchcock, Vertigo nous emmène à San Francisco, sur les pas d'un détective sujet au vertige (James Stewart), chargé de suivre l'épouse suicidaire (Kim Novak) d'un ami, femme dont il ne tarde pas à s'éprendre, dans une passion qui l'entraînera dans une spirale de fantasmes -si tant est que l'on puisse résumer une intrigue aux ressorts innombrables. C'est là, sans doute, le film le plus abouti de son auteur en effet, en même temps que l'un des sommets incontestés du Septième art. Outre un intéressant making of, Vertigo est accompagné d'un passionnant documentaire sur les collaborateurs du maître, au premier rang desquels son épouse et conseillère, Alma Reville, mais aussi Edith Head, la conceptrice des costumes sur 11 de ses films, Saul Bass, l'homme qui révolutionna l'art des génériques et, bien sûr, le génial Bernard Herrmann, qui signait, pour ce film, la plus envoûtante des partitions. The Birds constitue pour sa part le brillant exemple d'une maîtrise absolue, en même temps que "le film le plus terrifiant" jamais tourné par Hitchcock, suivant sa propre expression. Il y relate l'invasion de la petite ville de Bodega Bay par des myriades d'oiseaux, en un crescendo de tension que des visions répétées du film ne suffisent pas à entamer. Explications dans un documentaire touffu, accompagné encore des essais de Tippi Hedren, ou d'une bande-annonce extraordinaire. Au-delà des pépites qui y ont été adjointes, la redécouverte de ces 3 films est un bonheur permanent. L'apparition de Grace Kelly dans Rear Window appelle l'extase, et que dire de la filature muette de Kim Novak par James Stewart dans les rues de San Francisco, c£ur battant de Vertigo? JEAN-FRANÇOIS PLUIJGERS