(1) DE WIM WENDERS. 1 H 43. DIST: TWIN PICS.
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(1) DE WIM WENDERS. 1 H 43. DIST: TWIN PICS. **** (2) DE CHANTAL AKERMAN. 0 H 55. DIST: TWIN PICS. *** (3) D' ANNE LINSEL, RAINER HOFFMAN. 1 H 29. DIST: TWIN PICS. *** La disparition précoce, le 30 juin 2009, à l'âge de 58 ans seulement, d'une des plus grandes artistes contemporaines a laissé orpheline la troupe de ses danseurs, et accablés de tristesse ses amis et admirateurs. Wim Wenders était un de ses proches, et il avait avec elle un projet de film, sur le point d'être tourné. Mais Pina Bausch n'était plus, et son portrait par le réalisateur de Paris, Texas et des Ailes du désir n'avait plus lieu d'être. Les collaborateurs de la grande chorégraphe surent heureusement persuader le cinéaste de persister, en filmant les spectacles qui avaient été sélectionnés pour illustrer le portrait. C'est ainsi qu'est né Pina, hommage vibrant d'un artiste à une autre, où la danse se fait monde grâce à la magie sensuelle d'une 3D rendant chaque geste, chaque souffle, extraordinairement présent, palpable. L'absence de cette 3D magnifiée, évidente et stupéfiante à la fois, ôte logiquement quelque chose à l'expérience totale qu'est la vision du film en salles. Mais le coffret de 3 DVD proposé aujourd'hui n'en est pas moins un bel objet, et une mine d'émotions liées à l'£uvre et la personnalité de Pina Bausch. Outre Pina dans sa version 2D, on y trouve Dancing Dreams d'Anne Linsel et Rainer Hoffman, et Un jour Pina a demandéde Chantal Akerman. Dancing Dreams témoigne d'une des expériences les plus étonnantes et les plus éclairantes du travail de la chorégraphe. En 2008, celle-ci entreprit de reprendre un de ses spectacles les plus célébrés: Kontakthof. Mais au lieu de faire appel à sa troupe, elle invita des adolescents de 14 à 18 ans, totalement dépourvus d'expérience de la scène. Le film chronique la préparation, les répétitions, puis la performance publique de ces jeunes interprètes découvrant un univers inconnu. On voit Pina Bausch et ses danseurs stimuler cette jeunesse curieuse, enthousiaste souvent, embarrassée parfois. Mais on les voit aussi nourrir leur approche de l'énergie des ados, de leurs maladresses même, de leur réalité surtout. Entre travail ardu et rires libérateurs, entre rigueur et plaisir, c'est un beau partage que raconte le documentaire de Linsel et Hoffman. Chantal Akerman signe une approche logiquement plus personnelle avec Un jour Pina a demandé, que la cinéaste belge réalisa en 1983. La réalisatrice de Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles a suivi la chorégraphe et sa troupe du Wuppertal Tanztheater en tournée durant plusieurs semaines. Elle a voulu comprendre et exprimer l'émotion indicible que lui procurait l'art de Pina Bausch. Elle y est parvenue dans un film où le mot amour se décline d'attachante manière. L'amour restant aussi le maître mot du merveilleux Pina de Wenders, clou d'un coffret que les amateurs de danse contemporaine ne seront pas seuls à aimer, tant l'art de Pina Bausch et son humanité profonde s'avèrent communicatifs. LOUIS DANVERS