(1) De Hana Makhmalbaf. Avec Abbas Alijome, Nibakth Noruz, Abdolali Hoseilnali. 1 h 18. Dist: Melimedias - (2) De Samira Makhmalbaf. Avec Ziya Mirza Mohamad, Haron Ahad, ...

(1) De Hana Makhmalbaf. Avec Abbas Alijome, Nibakth Noruz, Abdolali Hoseilnali. 1 h 18. Dist: Melimedias - (2) De Samira Makhmalbaf. Avec Ziya Mirza Mohamad, Haron Ahad, Gol-Ghotai. 1 h 37. Dist: Melimedias(1) - (2) Chez les Makhmalbaf, on est réalisateur de père en filles, puisque à la suite de Mohsen, figure emblématique du cinéma iranien, Hana et Samira ont opté pour la caméra comme moyen d'expression. L'une et l'autre situent leur film en Afghanistan, et recourent à la forme du conte, avec portée métaphorique revendiquée, pour embrasser une réalité suffocante. Au c£ur des débris des Bouddhas de Bâmiyân, Bakhtay, la petite héroïne du Cahier tente, envers et contre tout, de se frayer un chemin jusqu'à l'école. Aux obstacles pratiques -trouvera-t-elle l'argent pour s'acheter l'indispensable cahier et le stylo l'accompagnant?- s'en ajoutent d'autres, physiques, lorsque des gamins l'arrêtent, reproduisant le cycle de la violence dont ils ont été les témoins, non sans l'assaisonner d'un fanatisme et d'un endoctrinement que ce film pénétrant dénonce avec force et simplicité. Le propos de L'Enfant-cheval, le quatrième film de Samira Makhmalbaf (auteure, notamment, du Tableau noir), n'est pas moins âpre, qui met en scène, dans un horizon désolé, le Maître, un enfant fortuné qu'une mine a privé de l'usage de ses jambes, et Giuah, un jeune handicapé mental dont il achète les services afin qu'il le porte sur son dos. S'ébauche alors une relation amour-haine aux ressorts cruels, aux rares gestes de tendresse succédant de fréquentes humiliations -en une expression exacerbée du mécanisme de la carotte et du bâton. De la misère des enfants du monde à l'exploitation de l'individu, en passant par le rapport entre les puissants et les faibles, L'Enfant-cheval balaie un territoire inconfortable. Soit un film-monstre, et un cri dont on ne saurait nier qu'il est aussi l'écho, presque insoutenable, de la marche du monde... Jean-françois pluijgers