Cinéaste quelque peu oublié, John Dahl signait, au début des années 90, une série de films néo-noirs de la meilleure veine. Ainsi de Last Seduction, l'histoire d'une femme fatale new-yorkaise dérobant à son mari le produit -conséquent- d'un trafic de drogue, et se réfugiant à "ploucville" le temps de séduire un gogo susceptible de la débarrasser de son ex ne goûtant que ...

Cinéaste quelque peu oublié, John Dahl signait, au début des années 90, une série de films néo-noirs de la meilleure veine. Ainsi de Last Seduction, l'histoire d'une femme fatale new-yorkaise dérobant à son mari le produit -conséquent- d'un trafic de drogue, et se réfugiant à "ploucville" le temps de séduire un gogo susceptible de la débarrasser de son ex ne goûtant que fort modérément à sa cavale. Outre un scénario classique mais solidement ficelé, la réussite du film doit beaucoup à la présence de Linda Fiorentino, impériale en garce dessalée dénuée de morale mais pas de charme(s), utilisés sans modération pour manipuler son entourage -et notamment le futur réalisateur Peter Berg. Mais si elle s'imposait là comme la sulfureuse héritière des héroïnes de films noirs des années 40, l'actrice au caractère bien trempé, ne tournera plus que quelques films mineurs avant de disparaître des radars. On trouve une autre femme fatale dans Prête à tout (To Die For), le premier film mainstream d'un Gus Van Sant qu'avaient révélé auparavant Drugstore Cowboy et My Own Private Idaho. Soit Suzanne Stone (Nicole Kidman), ambitieuse et naïve présentatrice de la météo sur une station de TV locale se rêvant star du petit écran. Et séduisant un ado perturbé (Joaquin Phoenix) pour la débarrasser d'un mari (Matt Dillon) risquant de contrecarrer ses projets avec ses aspirations plus terre à terre. Van Sant en tire une réjouissante comédie noire, satire habilement menée qui imposait définitivement Kidman, magistrale, tout en révélant Joaquin Phoenix et Casey Affleck. C'est dire aussi si ces deux films délectables se (re)voient avec un plaisir non dissimulé.