Sous l'eau comme sur l'eau, la tragédie est proche. Rude vie que celle de marin soldat, en temps de paix comme en temps de guerre! Deux films distants d'un bon demi-siècle viennent nous le rappeler en images fortes. Le plus récent, Kursk, reconstitue librement le naufrage du sous-marin qui lui donne son titre: un bâtiment russe, échoué et brisé au fond...

Sous l'eau comme sur l'eau, la tragédie est proche. Rude vie que celle de marin soldat, en temps de paix comme en temps de guerre! Deux films distants d'un bon demi-siècle viennent nous le rappeler en images fortes. Le plus récent, Kursk, reconstitue librement le naufrage du sous-marin qui lui donne son titre: un bâtiment russe, échoué et brisé au fond de la mer de Barents en août 2000 après une explosion à bord, et dans lequel des marins survivants attendirent longuement mais en vain qu'on vienne les secourir. Les autorités russes retardèrent l'acceptation de l'aide proposée par des pays de l'OTAN de crainte que la technologie contenue dans le sous-marin ne tombe en mains adverses. Le blocage bureaucratique est dénoncé dans le film de Thomas Vinterberg, qui s'attache aussi et surtout à nous faire ressentir l'angoisse des marins (dont Matthias Schoenarts) et de leurs familles (dont Léa Seydoux). Kursk est le film le plus prudemment classique du réalisateur de Festen et Submarino. Efficace et prenant, il manque d'originalité, qualité que possède par contre Aux postes de combat. En pleine guerre froide, le capitaine d'un destroyer de l'US Navy (Richard Widmark, formidable), chasseur acharné de sous-marins ennemis, risque de déclencher un conflit nucléaire. On pense au Docteur Folamour de Kubrick, sorti l'année précédente. Mais point de satire dans le film de James B. Harris, juste un récit captivant, en forme d'avertissement et tirant bon parti de la présence à bord d'un journaliste noir, rôle remarquablement tenu par Sidney Poitier.