1 DE MARTIN SCORSESE. AVEC ASA BUTTERFIELD, CHLOË GRACE MORETZ, BEN KINGSLEY. 2 H 06. DIST: UNIVERSAL.
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1 DE MARTIN SCORSESE. AVEC ASA BUTTERFIELD, CHLOË GRACE MORETZ, BEN KINGSLEY. 2 H 06. DIST: UNIVERSAL. 2 DE SERGE BROMBERG. 65' + 15'. DIST: TWIN PICS. Aux côtés des frères Lumière, Georges Méliès compte parmi les figures tutélaires d'un Septième art auquel il allait ouvrir les portes du merveilleux, créant un univers où l'imaginaire le plus débridé devait se nourrir de trouvailles et trucages divers. L'artiste était aussi magicien, en effet, constat dont on ne sait d'ailleurs trop s'il faut le décliner à l'imparfait, puisqu'il aura réussi, plus de 70 ans après sa mort (en 1938, à l'âge de 76 ans), à rendre à Martin Scorsese une inspiration après laquelle ce dernier courait depuis pas mal d'années déjà. Tiré du roman The Invention of Hugo Cabret de Brian Selznick, Hugo ne voit pas seulement l'auteur de The King of Comedy s'aventurer du côté du conte pour enfants, c'est aussi un vibrant hommage au cinéma des premiers temps, et à Méliès en particulier. Au c£ur du film, Hugo Cabret (l'épatant Asa Butterfield), orphelin ingénieux vivant dans les combles de la gare Montparnasse, avec pour compagnon un automate que lui a laissé son père, et dont il va tenter de percer le secret. Et d'entraîner dans une folle aventure Isabelle, une jeune fille n'ayant pas froid aux yeux, mais aussi le parrain de celle-ci, un énigmatique marchand de jouets tenant une échoppe à côté de la salle des pas perdus, et se révélant n'être autre qu'un Méliès tombé dans l'oubli. Faisant écho au destin de ce dernier, l'histoire offre à Scorsese le cadre d'un voyage enchanteur, où le réalisateur déploie son art de la mise en scène et son génie visuel, en même temps qu'il remonte avec bonheur aux sources du cinéma. Le résultat est un pur joyau, un film spectaculaire et émouvant à la fois, qui ravira jeunes et moins jeunes. L'édition Blu-ray propose en outre son lot de bonus bienvenus: making of, bien sûr, mais aussi portrait de Méliès et historique des automates, sans oublier une hilarante interview de Sacha Baron Cohen, se la jouant acteur imbu(vable). Intervenant dans l'un des compléments de Hugo, Serge Bromberg fut aussi, aux côtés d'Eric Lange, la cheville ouvrière de la restauration, miraculeuse, d'une version couleur du Voyage dans la lune, chef-d'£uvre emblématique réalisé par Méliès en 1902. Les deux compères ont consacré un documentaire à cette entreprise, prouesse technique accomplie au départ d'une copie trouvée à Barcelone, un périple dont le point d'orgue fut la présentation du film à Cannes en 2011. Epatant, Le voyage extraordinaire ne se borne pas à retracer cette aventure, il remet aussi l'£uvre et la vie du cinémagicien en perspective, force témoignages (dont ceux de Michel Gondry ou Jean-Pierre Jeunet, deux de ses dignes héritiers) à l'appui. Soit un passionnant voyage "au pays de l'enfance du cinéma, des étoiles et des rêves". Et une nouvelle célébration du génie du cinéaste, must accompagné des deux versions du Voyage dans la lune, celle restaurée dans ses couleurs d'origine avec musique de Air (le duo expliquant sa démarche dans un bonus intéressant), et l'autre, en noir et blanc. De quoi doublement apprécier un film dont la poésie et la magie semblent inépuisables. l JEAN-FRANÇOIS PLUIJGERS