Le parcours de Viv Albertine ressemble à un concentré de punk attitude. Normal, après tout, puisqu'elle fut, dans une autre vie qui n'en finit pas de remonter à la surface, dans les livres qu'elle écrit désormais comme au gré des rencontres, la guitariste des Slits, combo punk exclusivement féminin qui, au tournant des années 70, allait s'employer avec quelques autres à changer la face de la musique, sinon du monde. "Si j'ai conservé cette attitude, observe-t-elle installée dans le salon d'un hôtel de Saint-Germain-des-Prés, c'est sans doute parce que j'étais déjà punk avant même que le terme n'existe, du fait de la manière dont ma mère m'avait éduquée et parce que j'avais été adolescente à la fin des années 60, à une époque où la rébellion était dans l'air. Et puis, n'ayant jamais disparu, pas plus que les injustices ou les classes, le patriarcat a entretenu ma colère..."
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