Une rentrée littéraire, ce n'est pas seulement les livres que l'on attend. C'est aussi ceux que l'on n'attendait pas. Véritable rampe de lancement médiatique, la rentrée permet aux éditeurs de planter de nouvelles signatures dans le paysage littéraire. Septembre est à cet égard un peu leur carte de visite : le signe qu'une maison a su défricher, découvrir et élire, parmi les centaines de manuscrits envoyés, ceux qui méritaient à ses yeux de devenir un livre. Cette année, sur les 567 titres à paraître entre fin août et début octobre, on annonce 94 premiers romans. Ce qui fait de 2018 une rentrée record pour les nouvelles voix. Parmi elles, beaucoup de femmes. Ce qui, bien sûr, ne devrait pas en faire une catégorie à part. Sauf à constater que, notamment sous l'égide des auteures, la littérature en 2018 contribue de plus en plus à faire bouger les lignes des rôles que l'on assigne aux êtres humains et donc aux personnages de nos romans en fonction de leur sexe. Il suffit de regarder les nouveaux livres de Nicole Krauss, Emmanuelle Richard, Rachel Kushner, ou Emmanuelle Bayamack-Tam: leurs personnages de femmes puissantes, déstabilisantes, complexes ou labyrinthiques viennent en cette rentrée élargir la palette de certaines représentations figées. De quoi se réjouir et confirmer le pouvoir inchangé de la littérature sur les questions qui travaillent passionnément nos sociétés.
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